COVID-19: désinvestir, démilitariser, et désarmer

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Author(s)
Ray Acheson

Cet article fut publié pour la première fois par la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté le 5 Mai 2020. L’original est disponible ici : https://www.wilpf.org/covid-19-divest-demilitarise-and-disarm/

$1,917,000,000,000. Ou 1,9 billion de dollars. Quelle que soit la façon de l’écrire, c’est beaucoup d’argent. Dont la totalité a été investie dans le militarisme : dans la production et le développement d’armes, les soldats, les guerres, les bases militaires, les systèmes de commandement et de contrôle et dans la répression. Ce chiffre publié cette semaine par l’Institut international de Stockholm sur la paix, constitue une augmentation de 3,6% par rapport à 2018, ce qui représente la plus forte croissance annuelle des dépenses depuis 2010.

Nous dépensons plus pour le militarisme et les armes en prétendant que cela apporte la sécurité quand nous savons que les gens fuient les bombardements incessants de leurs villes, quand nous savons que la violence radioactive dévastatrice des armes nucléaires dure des générations, quand nous savons que les victimes de violence domestique ont plus de chances d’être tuées par des compagnons proches si une arme se trouve dans la demeure, quand nous savons que les drones de combat ont tué des milliers de civils sans distinctions, quand nous savons que toutes les soi-disant menaces censées être empêchées par ce militarisme mènent seulement à toujours plus de violence.

« La violence engendre la violence, pas grand-chose de plus. » – Jesse Custer Prédicateur

Mythes et réalité matérielle

Pourtant, la culture du militarisme est profondément ancrée et tient bon. Il y a 105 ans, les fondatrices de WILPF ont réalisé que ceux-là même qui produisaient des armes étaient au cœur d’un grave scandale profondément sexiste, dans lequel des mythes tels que « la sécurité par la violence » ou encore « la paix par la guerre » sont colportés afin de justifier l’incessante croissance des extravagants budgets et profits militaires.

Son ancrage dans notre culture explique pourquoi en pleine pandémie COVID-19, le complexe militaro-industriel s’est si bien tiré d’affaire. Dans de nombreux pays, les fabricants d’armes ont été reconnus comme des services essentiels. Boeing, grand contractant militaire, a réussi à obtenir des milliards d'aide à l'industrie de l'armement dans le cadre du projet de loi de relance économique de 2 000 milliards de dollars. Une partie du succès de l’industrie militaire aux Etats-Unis est due à la porte tournante entre les entrepreneurs en armement et le gouvernement. L’industrie se présente également comme un excellent employeur, de l’armée à la fabrication d’armes en passant par la construction de bases militaires, bien que, comme l’ont fait remarquer des vétérans et des économistes, ce n’est pas le cas.

L’argument de l’emploi ne tient pas la route. Mais les profits de ces entreprises si. Environ 90 % du budget de Lockheed Martin, par exemple, provient du gouvernement américain - ou plutôt, des contribuables américains. Le PDG à sa tête gagne entre 21 et 34 millions de dollars par an.

Ces sociétés profitent également du commerce international d’armes – qui, malgré l’appel du secrétaire général de l’ONU à un cessez-le-feu mondial, s’est également poursuivi sans relâche pendant la pandémie. En Lybie, par exemple, où plusieurs acteurs ont appelé à un cessez-le-feu, en particulier pendant le Ramadan, et où il existe un embargo officiel de l’ONU sur les armes, les combats se sont non seulement intensifiés, mais ils sont devenus ce que l'envoyé spécial par intérim des Nations unies a appelé "un terrain d'expérimentation pour tous les types de nouveaux systèmes d'armes" en raison des livraisons d'armes par les partisans des parties en guerre.

Comme exposé dans un blog précédent, les gouvernements expérimentent également de nouvelles technologies de violence, surveillance et répression pendant la pandémie, risquant la violation des droits de l’homme aujourd’hui ainsi qu’à l’avenir. Les contractants militaires impliqués dans le développement de ces technologies comptent parmi eux nombreux des suspects habituels mais également un nombre croissant d’entreprises technologiques comme Amazon, Microsoft, Google et bien d’autres.

Il est important de mentionner ici qu’Amazon, à l’origine de poursuites judiciaires à l’encontre du gouvernement américain pour ne pas l’avoir choisi comme partenaire pour son contrat de cloud computing militaire, a profité de manière démesurée du coronavirus. Du moins son PDG. La fortune nette de Jeff Bezos a augmenté de 24 milliards de dollars pendant la pandémie. Pendant ce temps, les travailleurs d’Amazon sont en grève car l’entreprise ne leur a fourni aucun équipement de protection convenable ou n’a pas été transparente quant aux nombres de cas positifs dans ses installations. Amazon utilise également une technologie de surveillance pour identifier les activités d'organisation syndicale dans ses installations de Whole Foods. Il s’agit là d’un exemple probant de l’association de différents courants du militarisme, du capitalisme et de la répression afin d’exploiter les moments de crise au profit de ceux qui se trouvent au sommet de la chaîne de l’argent.

Plus que de la violence

Malgré l’emprise que le militarisme et ses réalités matérielles semblent avoir sur notre politique et économie, cette pandémie commence à créer quelques fissures et glissements dans le discours officiel. Cette semaine à New York, par exemple, où des docteur(e)s et infirmier(e)s portent des imperméables et des bandanas à la place d’équipement de protection adéquat, l’armée a organisé un vol avec leurs jets de 20 millions de dollars afin de « remercier » le corps médical sur le front, ajoutant à tout cela des centaines de milliers de dollars de carburant.  Les New-Yorkais ne furent guère impressionnés.

Partout dans le monde, les gens se mettent à se demander comment nos gouvernements ont-ils pu être si peu préparés pour cette crise ? Ils regardent où va l’argent de leurs impôts, vers les armes, la guerre et la « sécurité » militarisée. Ils se demandent, à quoi d’autre cet argent aurait-il pu servir ?

La Campagne mondiale sur les dépenses militaires a montré qu’un avion F-35 Joint Strike Fighter pourrait financer 3244 lits en soin intensif ou qu’un sous-marin pourrait financer plus de 9000 ambulances entièrement équipées. La Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires a montré que l’équivalent d’une année d’investissements actuels dans l’arme nucléaire dans chaque pays qui en possède pourrait financer des centaines de milliers de travailleurs médicaux, de respirateurs, d’équipement de protection et plus encore. Nous savons que des investissements dans un Green New Deal et un Red Deal pourraient créer plus d'emplois que les dépenses militaires actuelles, et que ces investissements nous aideraient à atténuer la crise climatique et à améliorer la vie de milliards de personnes et de tous ceux qui vivent sur notre planète.

Alors, que doit-on faire pour faire basculer notre culture et notre économie du militarisme vers la paix, la solidarité et le bien-être social ?

Réduire les dépenses militaires immédiatement

Nous pouvons commencer par réduire les dépenses militaires. Mikhail Gorbachev, ancien dirigeant de l’URSS, a demandé une session extraordinaire d’urgence de l’Assemblée générale de l’ONU afin de réviser « l’ensemble du programme mondial », notamment en engageant les États à réduire leurs dépenses militaires de 10 à 15 %.

WILPF se réjouit de cette demande. Cependant, nous ne croyons pas qu’une coupe de 15% dans les dépenses militaires soit suffisante pour nous permettre d’atteindre notre impératif.Quinze pour cent de 1,9 billion de dollars représentent 285 milliards de dollars. C’est en effet beaucoup d’argent ! Beaucoup d’argent qui pourrait être mis à profit immédiatement sur plusieurs fronts, comme les soins de santé, l’emploi et les salaires, le logement, l’éducation, l’alimentation et les abris, durant cette crise et à l’avenir.

Néanmoins, lorsque l’on considère que les Etats-Unis ont dépensé à eux seuls 372 milliards de dollars pour le militarisme l’an dernier ou que les programmes d’entretien et de modernisation de l’arme nucléaire vont coûter plus d’un billion de dollars, ou bien lorsqu’on tient compte des coûts annuels de fonctionnement des bases militaires à l’étranger, ou encore des prix unitaires des chasseurs à réaction, des chars de combat et des sous-marins, nous pouvons clairement constater qu'une réduction beaucoup plus importante est non seulement possible mais absolument nécessaire.

Désarmer et démilitariser

Afin d’atteindre cet objectif, l’Assemblée générale de l’ONU se doit de prendre des mesures supplémentaires, y compris la prise en charge de la mise en œuvre de l'article 26 de la Charte des Nations unies. Cet article donne au Conseil de sécurité de l’ONU et au Comité d'état-major (aujourd'hui disparu) la responsabilité de créer un plan de régulation de l’armement et de réduction des dépenses militaires. Ces organismes ont totalement manqué à leurs engagements. L’Assemblée générale de l’ONU devrait assumer cette responsabilité et négocier un programme concret pour le désinvestissement militaire, la démilitarisation et le désarmement.

L’Assemblé générale de l’ONU a déjà négocié et adopté le Traité sur le commerce des armes, ce qui est un bon début. Cependant, ce dernier n’a pas été à la hauteur de ses promesses en tant qu’outil censé empêcher le transfert d’armes causant la souffrance humaine. Il faut faire bien plus. Car de nombreux défenseurs du TCA sont d’importants fabricants et exportateurs d’armes, le Traité est, depuis son adoption, alors utilisé comme moyen de légitimiser leur production d’armes et les profits en découlant. Tandis que cette situation est profitable à certains gouvernements et entreprises, cela signifie qu’à travers le monde, des gens continuent de périr sous les bombardements et les balles au quotidien.

Nous avons besoin d’un système international qui traite directement de la production d’armes, ainsi que de leur vente, commerce, trafic et profits de guerre. Nous avons besoin d’un programme de désarmement général et complet, s’appuyant sur l’interdiction, le désinvestissement et l’élimination de systèmes d’armes spécifiques dont nous disposons déjà, en supprimant les incitations économiques et politiques à la fabrication d’armes.

Dans le cadre de ce projet de désarmement, désinvestissement et démilitarisation, nous devons réfléchir à une façon d’obliger les Etats à rendre des comptes de leurs engagements. Des mesures provisoires pourraient prévoir, par exemple, la fondation d’un organisme international surveillant les investissements dans la production et l’acquisition d’armes, les profits issus de la vente et du commerce, avec l’objectif d’imposer des taxes ou autre pénalité pour violation des accords prédéterminés. Les fonds de ce système de taxation pourraient être utilisés pour aider les programmes de désarmement, pour réoutiller les installations de production d'armes à d'autres fins socialement progressistes, et pour l'éducation au désarmement et à la démilitarisation.

Le rôle que joue l'aide au développement bilatérale et multilatérale, ainsi que les institutions financières internationales (IFI), doivent être examinées afin de déterminer si elles incitent ou contribuent directement à l'augmentation des dépenses militaires. Le gouvernement américain, par exemple, stipule que les bénéficiaires de son « aide financière étrangère » doivent utiliser une partie des fonds pour investir dans la formation ou le matériel militaires. En Bosnie-Herzégovine, des parts du financement débloqué par l’UE en réponse à l’augmentation des flux migratoires du pays ont été dépensées pour la surveillance et autres équipements pour les forces de police.

Indirectement, les conditions liées aux prêts et subventions des IFI qui exigent entre autres la privatisation, l’affaiblissement des lois du travail et des coupes dans dépenses publiques, mènent à une augmentation de l’inégalité et de la pauvreté. Cela pousse souvent les gouvernements à dépenser plus dans le militarisme, notamment en équipant les forces de police avec des armes de type militaire, afin de mieux protéger les intérêts personnels et résister à l’opposition. Ces entités devraient encourager activement des politiques de démilitarisation et de désarmement, et non pas augmenter la disponibilité d’armes et le risque de répression, de violence et de guerre.

Il va de soi que le Conseil de sécurité de l’ONU ne peut maintenir son autorité sur des décisions exécutives touchant à des questions de paix et de sécurité internationales quand ses cinq Etats permanents, dont chacun a le droit de véto sur la moindre solution et décision, profitent tous massivement du trafic d’armes et de la violence qu’ils favorisent autour du globe.

En dehors du Conseil de sécurité de l’ONU, divers organismes de l’ONU ont par le passé entrepris de sérieuses actions afin de réduire les dépenses militaires. En 1959, l’Assemblée générale de l’ONU atteignit un consensus quant à l’objectif d’un désarmement général et complet, ce qui insuffla plusieurs efforts pour le désarmement, le désinvestissement et la démilitarisation au sein-même du système de l’ONU.

Dans l’absolu, aucun de ces efforts n’est en cours actuellement. Des solutions de routine sont adoptées chaque année à l’Assemblée générale de l’ONU à propos du désarmement et du développement, ainsi que de la transparence dans l’armement ; des mécanismes telles que le Registre des armes classiques des Nations unies et le Rapport de l’ONU sur les dépenses militaires continuent d’exister. Mais l’élan et l’énergie se sont évanouis. Ces travaux devraient être ressuscités et renouvelés.

Déconstruire le pouvoir et se recentrer sur la réalité

Le bureau des affaires de désarmement de l’ONU tente de susciter un certain intérêt, grâce à la sortie l’année dernière d’un document retraçant historiquement les initiatives passées, suivi cette année par la publication d’un volume de perspectives militantes sur les dépenses militaires.

La nouvelle publication comprend un chapitre de WILPF sur des perspectives féministes sur les dépenses militaires, dans lequel on démord que les dépenses militaires ont des conséquences sur la façon de diriger nos sociétés et relations internationales, nous condamnant ainsi à vivre dans des systèmes de violence et d’exploitation. Nous soulignons que les préjudices causés par le militarisme sont, dans l'immédiat, causés de manière disproportionnée par et contre les hommes, mais qu'ils sont infligés de manière différenciée et dévastatrice à ceux qui ont le moins à voir avec la création de ce système, notamment les femmes, les groupes indigènes, les personnes LGBTQ+, les minorités ethniques et religieuses, les pauvres et les personnes privées de leurs droits. De telles populations ont tendance à n’avoir qu’un petit rôle sinon aucun dans l’élaboration de la question des dépenses militaires, et encore moins dans la fixation des limites ou la création des budgets.

Dans ce contexte, nous réitérons l’appel de WILPF de 1915 en faveur de la fin de la privatisation de la production militaire, et de l’interdiction de l’influence des intérêts des entreprises sur les politiques nationales qui sapent le désarmement et empêchent une analyse rationnelle des armes et de la guerre. Nous devons plutôt centrer notre attention sur ceux dont la vie a été mise à mal par la militarisation de notre monde, centrer une pratique et une politique féministes qui exposent le récit militariste dominant comme une perspective, et non pas la seule perspective crédible, et démanteler les systèmes qui privilégient les voix militarisées parmi nous.

Ce projet de déconstruction et de reconstruction signifie également que nous devons faire face à la masculinité violente. Non seulement la conception de la masculinité militarisée limite notre capacité, comme décrit précédemment, à voir plus loin que le militarisme comme solution et sauveur de tous nos problèmes, même lorsque c’est la cause même de ces problèmes, mais dépeint également le désarmement ou les conceptions de sécurité humaine comme « efféminés » ou faibles. Ceux perpétuant les modes de pensée dominants postulent que les alternatives au militarisme sont émotionnelles, irréalistes et irrationnelles. Suivant l’argumentation, ceux voulant avoir la capacité d’exercer le pouvoir par la violence existeront toujours ; ainsi, les acteurs « rationnels » doivent conserver les armes comme protection contre les acteurs irrationnels. Cet état d’esprit ne discrédite non pas seulement le désarmement et les réductions des dépenses militaires, mais perpétue également l’acceptation sociale de considérer l’humain comme remplaçable, en parfaite contradiction avec les principes fondamentaux des droits de l’homme.

Adopter une approche intégrée

Ce projet nécessite une meilleure intégration et coordination entre l’ONU et autres mécanismes internationaux, y compris ceux liés au désarmement, aux droits de l’homme, aux femmes, à la paix et à la sécurité. Durant de longues années, WILPF a rendu audible les voix de femmes dans le monde entier et dont les droits et la sécurité ont été impactés négativement par le commerce et l’utilisation d’armes lors de conflits, post-conflits et en temps de « paix ». Nous avons déposé des documents au sujet de la production et du commerce d’armes auprès d’organismes des droits de l’homme et avons abordé les droits de la femme dans des forums dédiés au désarmement. Certains gouvernements et éléments de l’ONU adoptent une approche plus intégrée face à ces problèmes mais s’abstiennent catégoriquement de prendre les décisions qui introduiront les changements significatifs dont nous avons besoin dans nos structures de pouvoir économique et politique. Ajouter des femmes et remuer n’est pas assez les amis.

Les mécanismes des droits de l’homme de l’ONU ont déjà fait un pas en avant durant cette crise. Comme mentionné dans notre blog dédié au multilatéralisme, les annonces et instructions des Grands-Commissaires des Nations unies aux droits de l’homme et pour les réfugiés, quelques rapporteurs spéciaux de l’ONU et au moins dix organes et comités des traités relatifs aux droits de l'homme, ont exhorté les gouvernements à faire respecter les droits de l’homme durant la pandémie. Nombre d'entre eux ont tenu compte de la corrélation entre sexe, genre, race, classe, handicap et autres expériences et identités dans leurs suggestions sur la manière de lutter contre la répression de diverses populations, y compris lorsqu'il s'agit d'utiliser les technologies de surveillance. Ce travail doit être poursuivi et repris de manière coordonnée par d'autres aspects du mécanisme multilatéral, et doit également examiner la manière dont le militarisme a un impact sur les droits de l'homme pendant cette crise et au-delà.

Evoluer et s’adapter

Les liens entre les dépenses militaires, les droits de l’homme, l’état de la population et de la planète n’ont jamais été si évidents. Nous sommes ce que nous dépensons. A ce moment précis, nous sommes armés jusqu’aux dents sans masque de protection. Si nous survivons cette crise, et la suivante – des crises de notre propre fait, à cause de nos choix d’investir dans le militarisme, les énergies fossiles et l’économie capitaliste, nous devons à tout prix apprendre et nous adapter. Dans ce cas-là, s’adapter est synonyme de désinvestissement, de démilitarisation et de désarmement. Cela est tout à fait réalisable, si nous choisissons d’agir. Maintenant.

Information sur l'auteur

Ray Acheson est la directrice de Reaching Critical Will, le programme de désarmement de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté.

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