Bref historique du Groupe de Travail des Femmes (GTF) de l'IRG

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WRI Women Gathering
International gathering of women trainers - “Asking the Right Questions: Gender and Nonviolence” in Thailand, October 2004.
Author(s)
Joanne Sheehan, Ellen Elster, Veronica Kelly, Trui Masschelein, Ulla Eberhard, Shelley Anderson, Dorie Wilsnack’s
Translated by
John Bogard (FR)

Le Groupe de Travail des Femmes de l'IRG a été officiellement établi en 1985 à la Conférence Trienniale de l'IRG en Inde. A partir de ce moment-là, un travail très important a continué, auquel plusieurs femmes anti-militaristes et / ou féministes de l'IRG se sont jointes. Le Groupe de Travail des Femmes a eu un impact qu'il est bon de se rappeler, de souligner et de poursuivre.

Ce document rassemble les réflexions de quelques-unes des femmes qui ont pris une part active à ce groupe de travail, dans lequel elles partagent leurs expériences et l'impact qu'elles estiment que le groupe a eu sur l'IRG, ainsi que sur leur militantisme et leur vie personnelle. Aussi, vous pourrez trouver à la fin de cette histoire une chronologie assemblée par Joanne Sheehan avec l'aide de Ellen, Dorie, Cythoa Cockburn, ses dossiers et sa mémoire, qui résume brièvement la trajectoire du GTF.

Quelques réflexions de Ellen Elster

J'ai pris une part active au Groupe de Travail des Femmes de l'IRG depuis son début jusqu'à ce que je démissionne du conseil de l'IRG en 2006.

La situation des femmes au sein du mouvement a été discuté pour la première fois durant la Trienniale début 1970. Pendant la Trienniale de 1975 il a été décidé de tenir une réunion des femmes avec le MIR (Mouvement International de Réconciliation ) durant l'été de 1976 en France. C'était ma première réunion avec des femmes au sein du mouvement international anti-militariste. La réunion avec des femmes de diverses parties du monde, qui pensaient et s'exprimaient comme moi, était très passionnant.

Depuis ce moment-là il y a eu quatre autres réunions ( en Ecosse en 1980, en Irlande en 1987, en Thaïlande en 1992 et en 2004), dont deux en coopération avec les femmes du MIR, En plus , les femmes se sont rencontrées à toutes les réunions internationales de l’IRG (conseils et conférences). Le Groupe de Travail des Femmes ( GTF) a été officiellement établi à la Conférence Triennale en Inde en 1985/1986.

Les buts du GTF étaient d’apporter un éclairage supplémentaire sur le rôle des femmes dans le processus de paix , d’apporter les perspectives des femmes au sein de l’IRG, en tenant compte des diverses cultures et traditions, d’apporter des perspectives antimilitaristes au sein des des goupes de femmes, de mettre en réseau et d’apporter un soutien émotionnel aux femmes qui étaient isolées dans leur travail antimilitariste, et , non des moindres , de créer un espace de-femmes-uniquement lors des réunions de l’IRG.

Une solidarité plus étroite entre les femmes de l’IRG a été établie. Des thèmes comme la non-violence et le féminisme, le féminisme et l’anti-militarisme,le militarisme, la masculinité et le patriarcat, ont été mis à l’ordre du jour. La culture de la masculinité au sein de l’IRG, après tout c’était une organisation dominée par les hommes, a existé aussi longtemps que j’en ai fait partie, bien que cela se soit amélioré au cours des années. Quelques exemples, les hommes qui dominaient les discussions plénières, et les femmes qui faisaient face à un sceptiscisme évident lorsqu’ elles prenaient des rôles de leaders. Pour y faire face, nous avons commencé toutes les réunions par une autre réunion à l’avance, pour éplucher l’ordre du jour et nous préparer aux discussions.

Le groupe n’était pas fortement organisé. La plupart du temps nous allions à des réunions sous le titre du GTF, mais nous donnions les rapports et les procès-verbaux des réunions à l’IRG. D’autres  fois nous communiquions par Email et distribuions une lettre d’information. Le projet le plus important q été de distribuer une anthologie sur les femmes objecteurs de conscience.

Je crois que le seul secteur où nous n’avons pas eu beauoup d’impact a été d’apporter des perspectives anti-militaristes dans les groupes de femmes.

J'ai toujours apprécié que nous ayons ce groupe de-femmes-uniquement au sein d’une organisation qui était très dominée par les hommes. C’était un endroit ou nous pouvions discuter de certains sujets, sans être dérangées, et approfindir ces thèmes.

Je ne suis pas certaine que nous ayons bien traité les diffeéences culturelles entre les femmes de diverses parties du mnde. Mais j’ai l’impression que. étant des femmes, nous avions plus en commun, en dépit de nos différences culturelles.

Si c’est encore important d’avoir un GTF au sein de l’IRG et avec quel but, les femmes au sein de l’IRG de nos jours y répondront.

Réflexions de Veronica Kelly

Ma véritable introduction aux Femmes de l'IRG a été à la Triennale de Vedchhi, lorsqu'un groupe s'est rencontré les matins pour discuter du féminisme et de l'anti-militarisme. En tant que femme du groupe IRG à l’époque, j’ai été autorisée à siéger et à écouter ( quand je n’étais pas censée faire autre chose, bien sûr- nous étions une équipe de trois!) .Je me souviens très clairement d’Ellen : ce que nous avions à faire, au sein de l’IRG, était de tenir compte des femmes constamment et séparément. Si quelqu’un dit quelque chose sur les ‘gens’, est-ce-que cela signifie la même chose pour les femmes que pour les hommes ? Ou pas? Et je crois qu’elle a suggéré de reprendre toutes les déclaratiosn de l’IRG, etc.. et de faire la même chose, de vérifier que toutes celles-ci étaient correctes lorsqu’elles s’appliquaient aux femmes autant qu’aux hommes . Et si non...

Ca a l’air si évident de nos jours- mais, à l’époque, après une période d’action directe non-violente avec des femmes militantes, je n’étais pas habituée à travailler avec une grande organisation vénérable, anti-militariste et sexuellement mixte. (J’ai trouvé plus tard !). Et je suis d’accord avec Ellen : ces réunions de-femmes-uniquement  au sein de l’IRG étaient une bouée de sauvetage.

Réflexions de Trui Masschelein

En 1992, Ulla, Trini Leung (de Hong Kong) et moi ont eu plusieurs réunions avec des femmes aux USA au Centre d'Information des Femmes à Syracuse ('Réponses féministes au Racisme et au Militarisme. Un dialoque avec des militantes pour la paix') Aussi , au Forum des Femmes pour la Paix à Mandcino. Pendant ce 'voyage routier ' nous avons eu des interviews avec des journalistes locaux.

Je voudrais ajouter la participation (des branches) du GTF au Symposium International intitulé ' les Femmes et le système militaire' à Helsinki. Nous étions là avec plusieurs membres de l’IRG Femmes; je suppose que Veronica connaissait la plupart des femmes qui étaient là. J'ai trouvé ces renseignements sur le symposium à Helsinki :" Le travail militant des femmes en réponse aux questions militaires a été complété par une recherche académique sur les femmes et le système militaire. En 1987 un symposium international s’est tenu à Helsinki, où 120 femmes et 10 hommes de 17 pays ont discuté de la place des femmes dans l’économie militaire, les luttes de libération et la libération des femmes, la militarisation des femmes et les femmes et le mouvement pacifiste ‘’ ( Prudtathorn, 1987 ;’Forum Féministe’ , 1987, Isaksson, 1988) 

Il est important de souligner que,grâce à toutes nos réunions et nos activités , tout le monde est rentré chez soi rempli d’inspiration et de nouveaux contacts : nous avons écrit des articles, tenu des réunions avec d’autres femmes et avec nos compagnons militants mâles dans nos organisations pacifistes locales. Il est impossible de mesurer l’impact mais cela était seulement possible parce qu’une femme travaillait au Bureau International de l’IRG ( merci Veron!)

J’ai encore un ‘Bulletin d’information des Amis des Femmes’ ( juin 1993) édité par Niramon Prudathorn ( qui était présente au Synmposium à Helsinki et était la co-organisatrice du Rassemblement des Femmes de l’IRG . en Thaïlande ) avec un rapport approfondi sur la conférence des Femmes de l’IRG

Vraiment intéressant pour ce que cela signifiait ! Le bulletin d’information débutait avec une lettre ouverte au premier ministre au nom des 170 femmes de 61 pays qui avaient pris part à la conférence, et qui demandait des directives pour mettre fin à la violence de la prostitution en Thaïlande ( voir le document entier ici ou plus bas)

Le Groupe de Travail des Femmes de l’IRG m’a fait grandir en tant que féministe, je suis si reconnaissante d’avoir rencontré des gens merveilleux et exaltants des USA ( lors des conférences et aux USA) , qui luttent pour la paix et la justice. Ca m’a rappelé que ça m’aide à voir au-delà de la perception négative que nous recevons des USA de nos jours. Continuez à inspirer beaucoup d’autres personnes là-bas !

Réflexions d’Ulla Eberhard

Ma participation au GTF de l'IRG a eu une grande influence sur ce que les femmes du mouvement non-violent en Allemagne ont pensé et ont fait. Comme j'étais membre de l'équipe dans le bureau de groupes non-violents en Allemagne de 1987 à 1992, cela faisait partie de mes tâches de coordoonner le groupe de Femmes Foega.

Les Femmes du Groupe Foega de Femmes :

-publiaient beaucoup d'articles sur le f éminisme-la non-violence-l'anti-militarisme dans le Journal Graswurzel (Grassroots)

  • ont fait beaucoup d'actions directes non-violentes, principalement comme un groupe de femmes au sein d'une activité mixte plus grande, par exemple le blocage des portes à la base militaire de Hunsrück
  • ont participé à des activités de femmes uniquement , par exemple dans le camp de femmes de Hunsrück
  • ont organisé des ateliers sur les femmes et l'antimitarisme pendant des conférences du mouvement pacisifiste

Le Groupe des Femmes Foega était le seul groupe d'action anarchiste non-violent en Allemagne. Ce point de vue n'est pas devenu le courant principal dans le mouvement pacisfiste allemand, mais la plupart des militants connaissaient cette position.

Le Groupe de Travail des Femmes a participé à de grandes actions auxquelles l’IRG prenait part, par exemple, dans les marches à Bruxelles, Grebenhain – Allemagne et en Ecosse.

Je dércrirais l’impact politique du groupe d’action des femmes en Allemagne ( qui était influencé par le GTF de l’IRG) comme étant :

  • de mettre l’analyse féministe sur la table du mouvement pacifiste en Allemagne
  • de prendre des actions en tant que femmes- cela rendait les femmes du mouvement pacifiste plus visibles
  • de sensibiliser le public à la relation entre le militarisme et la violence contre les femmes

Ma participation à quelques-unes des activtiés menées par le Groupe de Travail des Femmes a eu beaucoup de signification et a également influencé ma vie personnelle et professionnelle :

  • cela a formé mon identité comme féministe et militante non-violente
  • nous avons réussi à organiser une telle grande conférence internationale en Thaïlande ( et avant ça, une autre un peu plus petite en Irlande) Cette confiance dans le pouvoir des femmes m’a aidé à persévérer à plusieurs occasions plus tard dans ma vie. C’était une experience exceptionnelle.
  • Après nos rassemblements j’ai appris l’importance d’un réseautage international et d’une levée de fonds réussie. Cela est devenu des clés de voûte pour ma vie professionnelle.

 “Vous ne pouvez pas rater ça”: Réflexions de Shelley Anderson sur le groupe de Travail des Femmes de l’IRG

Le Groupe de Travail des Femmes de l'IRG a eu un impact majeur sur moi-même et mon travail. J'ai tout d'abord été introduite au groupe en 1987 par ma petite amie ( maintenant ma femme) Francoise Pottier, qui travaillait alors pour le Mouvement International de Réconciliation (MIR) . Elle avait raté le rassemblement -Les Femmes dans le Mouvement Non-Violent – organisé conjointement par l'IRG et le MIR en France (13-16 juillet 1976) , mais était présente au deuxième rassemblement en Ecosse (1980) .

Le troisième Rassemblement des Femmes de l’lRG s’est tenu à Glencree-Irlande- en juillet 1987. “ Vous ne pouvez pas rater ça”, m’a-t-elle dit. Elle avait raison. Trouver un groupe de femmes militantes de même opinion avec leurs pieds solidement plantés à la fois dans les mouvements non-violents et les mouvements féministes donnait l’impression d’être chez soi.. Il n’y avait aucun besoin d’expliquer ou de défendre mes préoccupations, contrairement aux conférences pacifistes ‘normales’, dominées par les hommes. En fin de compte, plus de 60 femmes de 18 pays différents ont particpé à ce troisième rassemblement. J’ai encore comme amies beaucoup des femmes que j’ai rencontréees à Glencree.

Ce dont je ,me souviens le plus du rassemblement de Glencree, à part la beauté pluvieuse du paysage irlandais, était le sentiment d’excitation et de possibilité. Le sentiment d’une victoire partagée quand, après avoir écrit une lettre au gouvernement Sud-Africain pour protester contre l’emprisonnement de deux militantes de la Campagne pour Abolir la Conscription, Janet Cherry et Sue Lund, Cherry a été libérée quelques jours après la fin du rassemblement. (la libération de Lund a suivi plusieurs mois plus tard) .Le sentiment d’espérance quand des militantes Yougoslaves ont expliqué comment une alliance des groupes de femmes pour la paix et pour l’environnement ont réussi à forcer la tenue d’un débat public sur les plans du gouvermenent pour enrôler les femmes dans l’armée, ce qui a stoppé de tels plans. La frustration partagée quand la seule femme polonaise qui était présente , Ulla Nowakowska ( quatre autres femmes polonaises se sont vu refuser des visas) a parlé de la résistance à l’organisation par des femmes uniquement au sein des groupes indépendants dissidents. La camaraderie et le rire quand , pendant une nuit de chansons folkloriques, un thème commun a été découvert : une jeune fille tombe amoureuse, et son amant mâle l’abandonne ou est forcé de la quitter.

J’ai été stimulée par ce rassemblement pendant des mois après ça. Je pense à cette énergie pour continuer le travail quand on me demande si un groupe de femmes est pertinent de nos jours. Pour moi, le groupe de femmes n’était pas nécessaire- il était essentiel. Le sentiment de faire partie d’une communauté mondiale m’a aidé à continuer. Je crois que ce sentiment d’enthusiasme et de valeurs partagées est particulièrement important pour les femmes militantes de base qui affrontent l’hostilité et la solitude, et qui continuent à lutter malgré des ressources en déclin et un autoritarisme en croissance.

Le réseautage était important. Comme je travaillais comme rédactrice du magazine pacifiste du MIR, je savais où aller quand j’avais besoin d’un article sur le mouvement pacifiste , que cela soit en Irlande ou en Indonésie. En tant qu’organisatrice du Programme des Femmes Pacificatrices du MIR , le réseau du groupe des femmes de l’IRG était aussi important quand j’avais besoin d’un orateur pour un panel ou d’un formateur à la non-violence qui comprenait les problèemes des femmes ou des suggestions pour d’éventuels participants. Mon travail pour la quatrième Conférence des femmes de ;l’IRG -“ les Femmes Surmontant la Violence “ -à Bangkok, Thaïlande. (25 novembre - 1er décembre 1992), qui a attiré plus de 150 femmes, la majorité venant de la région Asie-Pacifique, a approfondi ma compréhension et mon engagement pour opposer la guerre. Mes compétences à lever des fonds et à organiser ont été affinées , comme d’autres; le groupe lesbien Thai Anjaree a tenu son premier atelier public à cette conférence.

J'ai aussi beaucoup appris de la façon dont le Groupe de Travail des Femmes de l'IRG a essayé d'influencer les orientations et la structure de l'IRG. La 22 ième Triennale de l'IRG à Porec, Croatie ( septembre 1998) a été particulièrement instructive avec sa Journée des Gendres., où toutes les discussions, des équipes pacifistes à la guerre de Kosovo, devaient tenie compte des implications de gendre. Ce fut un modèle important quand les femmes au sein de l'IRG ont présenté un plan pour inspirer le MIR et ses branches à son conseil quadriennal (Japon, 2006)

Au-delà de tout les discusssions et le soutien moral du Groupe de Travail des Femmes de l’IRG, il y avait une inspiration pour la construction de programmes de femmes au sein de sa consoeur organisation pacifiste , le Mouvement International de Réconciliation (MIR) . En 1997, le (PFP}du MIR,a été etabli . Dans les années qui suivirent, le PFP ( qui s’est terminé en 2017) est devenu une organiation séparée, en grande partie à cause de la résistance à faire face aux problèmes des femmes et à promouvoir le rôle de direction par des femmes au sein du MIR. Néanmoins, de là à 2005 le PFP du MIR avait formé 60 femmes à des rôles de formatrices à la non-violence active et attentive au gendre, et celles-ci ont à leur tour mené plus de 100 formations à la non-violence dans 25 pays. Cela n’incluait pas un nombre de formations au gendre régionales pour des militants pacifistes en Afrique, en Asie, en Europe et aux USA. En octobre 2004 le PFP -MIR et le Groupe de Travail des Femmes de l’IRG ont organisé conjointement un rassemblement interational de formatrices femmes, la consultation ‘Demandant les Questions Correctes: Gendre et Non-Violence.” en Thaïlande.

Il est ironique que le MIR, dont les femmes membres ne s’étaient jamais organisées en groupe de travail , ont développé un programme de femmes. Le Programme des Femmes Pacificatrices du MIR a vu le jour à cause de plusieurs facteurs , en grande partie la direction bienveillante et une personne de l’équipe qui était dévouée et dont le seul rôle était de lever des fonds et de développer le programme. Tandis que le réseautage et le partage d’informations du Groupe de Travail des Femmes de l’IRG était un succes, davantage aurait pu être accompli si davantage d’attention avait été accordée.

Une prise de conscience des interconnections des thèmes comme le militarisme,le gendre, la pauvreté et la détérioration de l’environnement n’avait jamais été si vitale. Ainsi, également, que l’autonomisation des femmes militantes de base. Je suis fière des contributions que le Groupe De Travail des Femmes de l’IRG apportées dans ces deux secteurs, et suis intensément consciente du fait que le travail doit continuer.

Rélexions de Dorie Wilsnack

J'espère ne pas me tromper mais la premère fois où je me rappelle avoir entendu la voix collective des femmes de l'IRG était à la Triennale de 1978 au Danemark quand les femmes ont demandé au Conseil de l'IRG de soutenir un autre rassemblement de femmes et un membre estimé (mâle) du Conseil a répondu avec une grande frustration " Je ne comprends pas ce que vous les femmes, vous voulez!" Ce manque de compréhension n'a jamais disparu. Néanmoins les femmes membres de l'IRG sont devenues plus claires et plus fortes.

Je ne suis pas allée au rassemblement de 1980 en Ecosse mais j’ai organisé aux USA la présence d’autres femmes de l‘ Internationale des Résistants à la Guerre. J’étais présente au rassemblement de Glencree, Irelande, en 1987 et ai aidé à organiser le Rassemblement en Thaïlande en 1992 et la Conférence de formateurs non-violents en Thaïlande en 2004.

Au début des années 1990, après que le Conseil de l’IRG se soit réuni à New York, j’ai aidé à organiser la tournée pour que quelques-unes des femmes de l’IRG rencontrent des femmes résistantes à la guerre aux USA. Tout au long de la période où j’étais membre de l’Exécutif de l’IRG et du Conseil de l’IRG, j’ai pris une part active aux réunions de femmes avant chaque réunion du Conseil et diverses autres activités de l’IRG.

J’ai acquis deux dons majeurs du Groupe de Travail des Femmes . L’un d’eux était le cercle de soutien et de compréhension commune , de savoir que nous n’étions pas seules avec nos idées. Mais un don encore plus significatif pour moi a été la diversité de contextes et d’expériences. On peut dire maintenant que l’IRG avait une diversité limitée à l’époque, mais j’ai rencontré des femmes qui vivaient dans des cultures très différentes de la mienne, et affrontaient des défis bien différents des miens. Cela a développé mon univers de façon profonde d’entendre leurs histoires. Je suis revenue des rassemblements du Groupe de Travail des Femmes avec une conscience-qui donne à réfléchir-des risques que les femmes d’Europe de l’Est, ou plus tard de Turquie, encouraient pour simplement être féministes et militantes anti -guerre.

Il y a eu un certain nombre de références aux difficultés que nous avons affrontées en soulevant des questions féminines au sein de l’IRG. Je voudrais être un peu plus concrète là-dessus. L’IRG était remplie de membres qui pensaient que la résistance à la guerre voulait dire résistance à la conscription et que les autres formes de résistance étaient des additions mineures. Alors le fait que les femmes revendiquaient nos propres raisons pour résister à la guerre était difficile à comprendre pour beaucoup de membres mâles de l’IRG ( et de leaders, je regrette de dire) . Et comme l’analyse féministe se renforçait pour quelques-unes d’entre nous, car nous voyions plus clairement les liens importants entre la misogynie et l’existence des guerres, nos engagements se renforcèrent, mais l’écart s’agrandit entre nous et quelques-uns des membres mâles de l’IRG.

Ces écarts et ces conflits ont creéé divers accrochages .Ca avait l’air insignifiant en surface mais je ne suis pas sûre que c’était vraiment insignifiant. A une ou deux des Triennales , il y avait des hommes qui insistaient pour être présents à des réunions identifiées comme étant pour femmes seulement. . A une réunion du Conseil, une partie importante du temps avait été allouée pour que le Groupe de Travail des Femmes fasse une présentation importante. Ce temps a été réduit parce que le Conseil avait décidé qu’écouter les histoires d’un invité objecteur de conscience de la deuxième Guerre Mondiale était plus important. Pour quelques-unes des femmes, c’en était trop de voir les oreilles et les portes se fermer et elles se sont retirées ou ont abandonné.

Mais pour moi, comme les autres l’ont exposé , j’ai laissé chaque groupe thématique, conférence , réunion et Rassemblement de Femmes; avec un sentiment d’avoir reçu le pouvoir de demander des questions et d’organiser. Et j’avais le sentiment – encore maintenant- d’avoir eu la chance de collaborer avec de telles femmes exceptionnelle pendant les années où je faisais partie de l’IRG.

Chronologie assemblée par Joanne Sheehan avec l'aide de Ellen, Dorie, Cythia Cockburn, ses dossiers et sa mémoire

1972 L’IRG adopte une résolution sur le ‘ rôle des sexes’ à la Triennale de Sheffield-Description par Cynthia Cockburn

1975 Première réunion de Femmes proposée par des femmes qui se sont réunies durant la Triennale. Nos consoeurs Kate et Joanne Sheehan ont fait cette proposition

1976 Rassemblement de femmes en France. Le Groupe d’Etudes sur le Féminisme et la Non-Violence a été lancé en 1976 par des femmes qui s’étaient rencontrées à la première Conférence Internationale de l’IRG sur les Femmes dans le Mouvement Non-Violent en 1975

1980 Rassemblement de femmes en Ecosse

1983 Le groupe d’études sur la Non-Violence en coopération avec l’IRG a publié `Perçons ensemble le Féminisme et la Non-Violence’

1985  Le Groupe de Travail des Femmes (GTF) a été officiellement établi à la Conférence Triennale de l'IRG en Inde.

1987 Rassemblement de Femmes en Irlande- ‘Femmes de l’IRG’ comence sa publication.

1988 Groupe thèmatique à la Triennale à Mariehamn, dans les îles Aland

1992 Rassemblement de femmes en Thaïlande. Tournée à travers les USA , organisée par Dories Wilsnack, et plusieurs réunions pour discuter des thèmes du rassemblement en Thaïlande

1994 Processus de planification stratégique, coordonné par Ellen et Joanne. Accepté -1998 en1998, il incluait un ‘ objectif primordial’ que les ‘ perspectives de gendre’ soient intégrées au travail sur l’anti-militarisme de l’IRG , basées sur diverses cultures et traditions.

1998 Joanne Sheehan, féministe, est devenue la présidente de l’IRG, en exercice de 1998 à 2006 -Journée du Gendre à la Triennale en Croatie

2001 ‘Nouvelles de Paix’ , lorsque c’était un projet commun de l’IRG et des Administrateurs des Nouvelles de Paix, ont inclus de plus en plus d’articles sur le gendre, le féminisme, et le militarisme, y compris un numéro sur ‘gendre et militarisme’ en juin- août .

2004 ‘Demandant les Questions Correctes: Gendre et Non-Violence. Une Consultation Internationale de Femmes Formatrices.’en Thaïlande . Organisé conjointement par le GTF de l’IRG et le Programme des Femmes Pacificatrices du Mouvement International de Réconciliation

2009 La première édition du Guide pour des Campagnes Non-Violentes- Première Edition (2009) a inclus une section sur ‘Gendre et Non-Violence’, qui décrivait le gendre comme mâle/femelle

2010 Femmes Objecteurs de Conscience – une Anthologie, par Ellen Elster et Majken Jul Sorenden

2014 Dernière réunion du GTF avant la réunion du Conseil en Afrique du Sud- Journée du Gendre à la Triennale-La deuxième édition du Guide pour des Campagnes Non- Violentes a évolué au-delà du système binaire mâle/femelle

2019 La Réunion Internationale de l’IRG en Colombie a été ouverte par deux femmes, Jungmin Choi ( Corée du Sud) et Natalia Garcia ( Colombie), membre du Comité Exécutif et membre de l’équipe.

2020 Il n’y a plus de Président en fonction , en reconnaissance de nos procédés non- hiérarchiques. Il y a sept femmes et 5 hommes au Conseil de l’IRG, l’Exeéutif a une égalité des gendres.

 


[1]Source: Women’s Movements and International Organizations by Deborah Stienstra, 1994

[2]Shelley Anderson was Program Officer for the IFOR Women Peacemakers Program from 1997 to 2007, and editor of WRI Women from 1988 to 2005.

 

 

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