Résistance

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A man holds a mirror to the police, on which is written "Who came dressed for a riot?"
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Les détails du contact de beaucoup d’organisations résistant la militarisation de la police peuvent être trouvés sur les pages de profile du pays. Si vous connaissez une organisation ou campagne qui devrait être promus, veuillez-nous contacter à l’adresse suivante : info@wri-irg.org. Cette page surligne des exemples de résistance autour du monde dans l’espoir que des mouvements de divers pays puissent s’inspirer les uns les autres.

Kenya

Les organisations tel que Chemchemi Ya Ukweli (CYU) identifient le maintien de l’ordre au niveau communautaire en tant que réaction aux taux de crime et violence croissants. Ceci est une approche au maintien de l’ordre qui réunit la police, la société civile et les communautés locales pour développer des solutions locales pour des préoccupations de sécurité locales, et de tenir la police responsable. Le service de police kenyan est actuellement en train de subir des réformes basées sur des recommandations qui suggèrent que le maintien de l’ordre au niveau communautaire devrait être un pilier central du maintien de l’ordre au Kenya. Récemment, la réaction policière au terrorisme a changé la dynamique, et met tout ses efforts investis dans le maintien de l’ordre des communautés à risque. L’usage de force inutile et des meurtres extrajudiciaires ont suscités la colère dans les communautés. La CYU préconise une approche qui adresse ces problèmes qui poussent les jeunes vers les groupes terroristes et gangs de criminels, et offre l’amnistie et du soutien avec la réintégration pour les rapatriés au lieu d’un maintien de l’ordre toujours plus militarisé.

Brésil

Au Rio de Janeiro, des communicateurs de communauté telle que Gizele Martins contestent la narrative des médias qui traitent les faveladxs (habitants de favelas) comme des chiffres plutôt que des êtres humains. Les journalistes sont entraînés à couvrir leurs reportages des favelas en portant des casques et des gilets pare-balles. Cette logique suggère que les gens des favelas sont des criminels dangereux. Les journalistes de communauté utilisent des noms et prénoms, et parlent de l’impact de la militarisation du maintien de l’ordre sur la vie quotidienne. Ils parlent de culture et de musique, et renforcent l’identité noir et indigène des favladexs. Ils défient les journalistes, politiciens et ONG qui sont pour la militarisation et qui reçoivent des finances ou travaillent avec la police. Cette stratégie fonctionne comme le démontre l’exemple d’un politician qui avait établi une Commission de Vérité pour enquêter sur les abus de droits humains dans les favelas, mais n’avait pas parlé aux résidents. Lorsque des communicateurs de communauté ont commencés à critique cette approche raciste, le politicien s’est excusé et commença alors à parler aux faveladxs.

Palestine / Israël

Gun Free Kitchen Tables est une campagne d’organisations féministes et de société civile en Israël et dans les Territoires Occupés Palestiniens qui travaillent sur le problème des meurtres effectués dans des maisons en utilisant des armes que des gardes de sécurité rapportent chez eux. Ils ont décidé de rendre cette campagne publique car c’est moins tabou que de défier la police ou le militaire. Ils effectuent des recherches et cherchent les liens entre les histoires individuelles qui sont rapportées par les médias. Les médias ont maintenant commencé à rapporter des informations en plus sur le propriétaire, la compagnie et le type d’arme lorsque des incidents de la sorte ont lieu, et en parlent comme un phénomène plutôt que comme des cas isolés. Ils travaillent également sur deux poursuites civiles contre l’Etat et les compagnies de sécurité privée de la part des survivants.

Etats-Unis

War Resister’s League aux Etats-Unis pose deux questions essentielles : « Qu’avons-nous fait pour nous en arriver à ce stade de militarisation de police augmentée ? Et plus important encore, comment pouvons-nous l’arrêter ? » Ils concentrent leurs campagnes sur les entraînements de SWAT (Special Weapons and Tactics) qui ont lieu aux forums d’armes tel que Urban Shield, car les entraînements parviennent à « la mentalité du militarisme ». Ils sont effectués des recherches sur plus de six entraînements SWAT qui ont lieu à travers les Etats-Unis, et ont crées des campagnes intercommunautaires afin de les résister. Ceci a fourni à plusieurs groupes une manière de collaborer à travers une variété d’identités et d’idéologies. Ils ont du mal à sortir de la « classe activiste », et tentent actuellement de changer leurs stratégies d’organisation afin d’améliorer leur travailler pour changer le pouvoir, en s’inspirant des manifestations tels que celle de la pipeline Dakota Access menée par des indigènes au Standing Rock et du travail de changement de conscience du mouvement de Black Lives Matter. Source : (Tabassie et Issa, 2017).

Afrique

WoMin une alliance régionale de femmes africaines qui organisent dans les communautés impactées par les extractifs des liens entre le genre, le militarisme et les industries extractives. Elle travaille avec environ cinquante organisations dans quatorze pays à travers l’Afrique du sud, est et ouest. C’est un travail révolutionnaire car les organisations de droits des femmes avec lesquelles elles travaillent s’étaient plutôt concentrés sur des problèmes de genre plus « traditionnels », ce qui peut présenter un défi. Elles disent que les alternatives au modèle de développement extractivistes « doivent émerger des communautés, et surtout des femmes, de leurs pratiques et aspirations.

Afrique du Sud

Le Projet Casspir est une installation d’art qui tente de récupérer le patrimoine du véhicule militaire Casspir qui fut largement utilisé par la police de l’ère d’apartheid en Afrique du Sud. Un Casspir décommissionné a été restauré et réaménagé avec des panneaux de décorations de verre dans des motifs traditionnels faits par des artisans du Zimbabwe et de la province Mpumalanga de l’Afrique du Sud. L’artiste derrière ce projet, Ralph Ziman, rappelle des colonnes de Casspirs se dirigeant vers les villes avec des « policiers paramilitaires armés jusqu’aux dents s’asseyant avec désinvolture sur les toits en brandissant des armes automatiques ». Le Casspir était synonyme avec la terreur est une oppression institutionnelle. Abandonnés et rouillés à la fin de l’apartheid, ils ont depuis réapparus dans plusieurs endroits autour du monde, notamment à Ferguson aux Etats-Unis, et plus récemment à Durbant. Pour Ziman, ce projet est un « effort pour reconcilier une histoire de dévastation et d’encourager une conversation sur où nous allons et dans quel genre de monde nous voudrions vivre une fois que nous y sommes ». Source : (The Casspir Project, 2017)

Solidarité internationale

Comme cette ressource web tente de le démontrer, la militarisation du maintien de l’ordre n’est pas un phénomène propre à un seul pays qui a lieu en isolation, mais un processus qui a beaucoup en commun avec et a des connections avec des processus similaires dans d’autres endroits. Les activistes travaillent de plus en plus contre la militarisation du maintien de l’ordre, et se réunissent pour unir leurs forces collectives et de se battre pour la fin de la militarisation sur l’échelle mondiale. La majorité de ces activités se concentre sur les campagnes autour de l’exportation des entraînements et équipements de police militarisé, car ceux-ci sont des exemples clairs de la manière dont les cultures de polices militarisées deviennent plus fortes. Parfois, cet activisme existe en forme de solidarité pratique : en 2014, après l’occupation militarisée des communautés noires à Ferguson aux Etats-Unis, des centaines de palestiniens ont soutenus les activistes à travers les réseaux sociaux en identifiant des compagnies de cartouches de gaz lacrymogène, et en donnant des conseils pour apaiser les symptômes des victimes du gaz lacrymogène. Nous espérons que cette ressource web vous fournirait les outils nécessaires pour mettre en place plus de connections entre ce qui se passe dans de divers pays autour du monde, et de susciter plus de campagnes mixtes pour renverser la militarisation du maintien de l’ordre dans le monde.

 

 

En août 2019, nous avons accueilli avec enthousiasme un nouveau membre sur notre réseau international– Pasifika, basé en Papouasie occidentale. Fin août l’armée indonésienne a commencé des mesures de répression violente en Papouasie occidentale, ce qui a amené à une réaction non-violente de masse dans toute la région.

“Casspir” est un projet aux facettes multiples, comprenant installation, photographie, histoire orale et documentaire. Cette entreprise artistique se base avant-tout sur un principe de ré-appropriation face à l’héritage de la violence d’Etat en Afrique du Sud symbolisé par le véhicule de combat “Casspir”. Il s’agit de réhabiliter un de ces véhicules en le couvrant d’un tissage de perles de verre au couleurs vives et au motifs traditionnels, réalisé par des artisans du Zimbabwe et de la province sud-africaine du Mpumalanga où les femmes de la tribu Ndebele sont reconnues pour leur savoir-faire.

La police du Kenya procède actuellement à une refonte de ses services, à partir des recommandations du Groupe de travail national sur les réformes de la police.

La face visible de la militarisation policière est l’utilisation d’équipement militaire et de gilet pare-balles ; de fusils de précision et de tanks faisant face aux manifestants de Ferguson, aux Etats-Unis, et de véhicules lourdement blindés patrouillant les rues des favelas de Rio de Janeiro. Mais une telle visible militarisation est seulement un symptôme – un produit final – d’un état d’esprit militarisé qui voit ceux qui bénéficient du maintien de l’ordre non comme les membres d’une communauté ayant besoin d’être protégée mais comme une menace.

Samantha Hargreaves de WoMin – alliance africaine abordant les sujets des sexes et de l’exploitation minière – parle avec Andrew Dey de WRI sur le lien entre les sexes, l’industrie minière et le militarisme en Afrique, et du travail de ce nouveau réseau pour y faire face.

Expliquez-nous votre travail – qu’est-ce que WoMin, quand cette alliance a-t-elle été formée, et qui fait partie de votre réseau? Quels sont les enjeux critiques sur lesquels vous travaillez?

Samantha: WoMin a été lancée en octobre 2013. Nous travaillons avec environ 50 organisations dans quatorze pays en Afrique du Sud, Afrique Orientale et Afrique Occidentale. La plupart de nos partenaires travaillent sur des problèmes relatifs à la terre, aux ressources naturelles, à l’industrie minière, à la justice écologique et climatique et aux droits des femmes. Notre travail avec les organisations pour les droits des femmes est généralement plus difficile puisqu’elles se focalisent davantage sur les problèmes de sexe « traditionnels » tels que la violence contre les femmes, l’éducation et la santé des femmes et des filles. Seul un faible nombre se concentre sur l’environnement, la terre et d’autres questions de justice économique.

WoMin Southern African women and coal exchange. Photo: Heidi Augestad

David Scheuing

Londres. Tous les jours, en rentrant chez moi, je passe devant des policiers lourdement armés qui
« protègent » les citoyens, les infrastructures, la vie et l’économie : dans le métro, à la gare, ils sont toujours aux aguets. Toutefois, cette vigilance n’est ni inoffensive, ni innocente. Elle tue. Cette année, juillet marquait le dixième anniversaire du meurtre de Jean Charles de Menezes dans une rame de métro bondée à la station Stockwell de Londres.1

Pedro Rios

Le soir du 28 mai 2015, à San Diego (Californie) une centaine de personnes s’était rassemblée dans une marche commémorant la Journée nationale d’action pour arrêter les violences à la frontière. Cette manifestation entrait dans le cadre d’une série de différentes actions nonviolentes, coordonnées dans neuf villes des États-Unis afin de faire entendre les voix contre l’augmentation de l’impunité des agents aux frontières, impliqués dans au moins 39 morts depuis 2010. Menées par le Collectif des communautés de la frontière sud, qui regroupe plus de 65 associations travaillant sur la frontière avec le Mexique, les marches, rassemblements et projections de films mettait en vedette le cinquième anniversaire du décès d’Anastasio Hernandez Rojas, père de cinq enfants, qui en 2010 fut torturé à mort par plus de douze agents des frontières à San Ysidoro, porte d’entrée dans San Diego.

A l’heure de la mondialisation, toute analyse d’idéologies de militarisation et répression, méthodologies et technologies, doit prendre en considération les dynamiques d’import et export de ces concepts et outils à travers les frontières. L’un des plus importants exportateurs d’idéologie et technologie de répression au monde est sans aucun doute Israël.

1. La militarisation n'est pas seulement une guerre, une armée ou un avion de chasse. La militaristion est un système, une logique et un chapelet de normes qui perpétuent et regénèrent nos sociétés et notre vie quotidienne. L'analyse homo du pouvoir est un outil politique qui peut nous aider à remettre en cause ces normes. La question de la "liberation homo" ne s'inscrit pas dans un système patriarcal et militariste, elle va au-delà des politiques d'intégration et concerne la création de sociétés futures justes qui ne font pas que recréer un système de pouvoir sous un nom différent.

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