Broken Rifle symbol

OBJO-INFOS

Publié en collaboration avec le Myrtle Solomon Memorial Trust
n°26 / janvier 2007

Le bulletin électronique mensuel du programme de l’IRG pour le Droit au Refus de Tuer || Table des numéros précédents | English

Édito

Tout d’abord une bonne année à vous tous – tout en sachant que pour certainEs ce n’est pas encora la nouvelle année, car suivant les calendriers, diffère le début de la nouvelle année.
Avec le prochain Forum Social Mondial à Nairobi (lire l'agenda ci-dessous), le thème de ce numéro d’Objo-infos est l’Afrique. La situation en Erythrée a déjà été présentée dans ce bulletin, et nous devons, de nouveau, porter toute notre attention à une situation criante. L’escalade du violent conflit en Somalie voisine a aussi des effets sur le recrutement, pas seulement pour les enfants.
Nous terminons malgré tout cette édition par une bonne nouvelle concernant la conscription au Maroc.

Andreas Speck

Agenda :

Forum Social Mondial au Kenya

Nairobi, du 20 au 25 janvier 2007

L'Internationale des résistantEs à la Guerre sera présente au forum social mondial de Nairobi avec un éventail de séminaires et ateliers. Pour plus d'information, consulter les infos de l'IRG : wri-info. Surveiller nos mises à jour et au plaisir de vous rencontrer à Nairobi..

Témoigner au monde de l’objection de conscience en Turquie : Histoire et Actualité.

Istanbul, 27 et 28 Janvier 2007

Une conférence regroupant enseignants, experts juridiques et militants se tiendra à l’Université Bilgi d’Istanbul en janvier pour soutenir le droit à l’objection de conscience en Turquie. Le comité d’organisation de la conférence a reçu le soutien de Human Rights Watch, Amnesty International Turquie, l’Internationale des RésistantEs à la Guerre et le Bureau Européen de l’Objection de Conscience. Pour plus d’information, contacter Ozgur Heval Cinar.

Objo-Info

Le bulletin électronique mensuel du programme de l’Internationale des RésistantEs à la Guerre pour le Droit au Refus de Tuer.
Internationale des RésistantEs à la Guerre, 5 Caledonian Road, London N1 9DX, Grande-Bretagne ; tel +44-20-7278 4040; fax +44-20-7278 0444; email co-update-editor@wri-irg.org

S’abonner ou se désabonner :

Il est possible de s’abonner sur le site de la liste ou en envoyant un email.
Pour se désabonner, envoyer un e-mail à objo-info-unsubscribe@lists.wri-irg.org.

Donnez à l’IRG !

Internationale des RésistantEs à la Guerre dépend de vos dons afin de poursuivre son travail. Possibilité de faire des dons en ligne sur http://wri-irg.org/fr/donate-fr.htm.

Érythrée. Des centaines de parents de conscrits arrêtés

Amnesty International signalait en décembre que « le gouvernement érythréen avait arrêté plus de 500 proches, la plupart parents, de jeunes hommes et femmes ayant déserté l’armée ou échappé à la conscription ». Selon Amnesty International, « la vague d’arrestations a débuté le 6 décembre dans la région d’Asmara, la capitale. Aucune des personnes interpellées n'a été inculpée d'une infraction pénale ni présentée devant un tribunal dans les 48 heures, comme le prévoient la Constitution et la législation érythréennes. Les autorités ont déclaré que les détenus devaient convaincre les conscrits manquants à l'appel de se présenter ou s’acquitter d’une amende de 50 000 nafka. Dans le cas contraire, ils devront servir six mois dans l’armée à la place de leur proche ».

Ce n’est pas la première fois que les autorités érythréennes arrêtent des parents et proches de conscrits ayant déserté. En juillet 2005, Amnesty International signalait un fait similaire : l’arrestation de centaines de proches de personnes qui s’étaient évadées ou avaient déserté l’armée. Ces arrestations avaient débuté le 15 juillet 2005 dans la région de Debug, dans le sud de l’Érythrée.

Amnesty signalait que: « les personnes arrêtées étaient les pères, les mères ou autres proches d’hommes ou de femmes de plus de dix-huit ans qui ne s’étaient pas présentéEs au service national depuis 1994, n’avaient pas assisté à la dernière année d’étude obligatoire du camp d’entraînement militaire de Sawa, avaient quitté leur unité militaire, voire le pays illégalement. Leurs proches avaient été accusés d’avoir facilité leur évasion du service militaire ou leur départ du pays. Des officiels auraient offert de les relâcher contre une caution allant de 10 000 à 50 000 nafka (entre environ 660 et 3 300 dollars américains et un peu moins d'euros), s’ils s’engageaient à leur remettre leur proche manquant à l’appel. »

Les personnes arrêtées sont détenues dans différentes prisons et n’ont aucun lien avec le monde extérieur. « Plusieurs détenus de la prison d’Adi Keih auraient entamé une grève de la faim pour protester contre leur détention et ont été transférés au camp militaire de Mai Serwa, non loin de la capital Asmara », selon Amnesty.

En raison du conflit opposant l’Érythrée à la Somalie entre 1998 et 2000, des milliers de jeunes hommes et femmes ont fui l’Érythrée et cherché refuge au Soudan et dans d’autres pays. Un exil pour tenter d’échapper à la conscription ou après avoir déserté l’armée. Instauré à dix-huit mois en 1994, le service national, obligatoire pour l’ensemble des hommes et des femmes âgés de 18 à 40 ans, a été prolongé indéfiniment. Il consiste en un service militaire et en travaux effectués sur des chantiers de construction liés à l’armée.

Tous les lycéens, garçons et filles, sont obligéEs de terminer leur dernière année d’étude dans une école au sein du camp militaire de Sawa. AucunNE d’elleux n’a pu reprendre d’études et rejoindre les bancs de l’université une fois le service national terminé. L’université d’Asmara, la seule université d’Érythrée, n’accueille que des étudiantEs de troisième et quatrième années, touTEs entréEs avant que la conscription n’entre en vigueur.

Le gouvernement a totalement militarisé le pays. Le recrutement forcé de jeunes gens, d’enfants et d’adultes de moins de cinquante ans est un lot quotidien. Les recrues sont brutalisées et les abus sexuels sur les femmes sont prouvés. Personne n’a le droit de remettre en cause les autorités militaires. Personne n’a le droit à l’objection de conscience.

Sources : Érythrée. Plus de 500 parents de conscrits arrêtés AI Index AFR 64/015/2006, 21 décembre 2006, Amnesty International: Action Urgente, AFR 64/011/2005, 28 juillet 2005, Yohannes Kidane: L’objection de conscience en Érythrée, Le Fusil Brisé n° 68, novembre 2005

Somalie & Éthiopie : conscription et recrutement de force pour la guerre

D'après différentes ONG et les agences des Nations Unies, l'utilisation d'enfants soldats en Somalie s'est accrue depuis l'escalade des combats entre le Gouvernement fédéral transitionnel (TFG) et l'Union des tribunaux islamique (UIC) en décembre 2006. Les combats ont connu un pic lorsque le TFG soutenu par des troupes éthiopiennes ont repoussé l'UIC des territoires au sud de la Somalie et de la capitale Mogadishio.
"Des témoins direct ont relaté la présence d'enfants n'ayant pas plus de 11 ans à des checkpoints et dans des véhicules des différentes factions," a indiqué Siddharth Chatterjee, l'administrateur de l'UNICEF en Somalie.
La campagne de recrutement a contaminé le Kenya voisin. Chatterjee a ajouté que, d'après le commissaire provincial de la région du nord-est du kenya, le recrutement des jeunes de la province par les factions armées (l'UIC plus particulièrement) se préparant aux combats en Somalie a commencé lors du dernier trimestre 2006.
"Un appel a été lancé a toutes les parties impliquées pour qu'elles arrêtent de recruter des enfants soldats et qu'elles libèrent ceux déjà recrutés," a indiqué Chatterjee. "Cependant, l'absence de registre des naissances en Somalie ajoute à la difficulté de vérifier correctement si les enfants ont moins de 18 ans."
Il ajoute : "Il y a aussi des reportages indiquant que l'UIC a publiquement déclaré sa volonté de recruter dans les écoles, ce qui est extrêment inquiétant si cela se vérifie."
L'Éthiopie a aussi mené une campagne pour la conscription avant l'escalade du conflit début décembre 2006. Des reportages en date du début du mois de décembre indiquent que les forces stationnées en de nombreux points de la province éthiopienne d'Ogaden ont commencé à enrôler  des civils dans l'armée ou les milices à sa botte. La campagne d'incorporation des civils dans l'armée fait suite à l'échec de la campagne pour le volontariat dans l'armée fédérale éthiopienne. Cette campagne avait comme objectif de recruter, pour l'armée, jusqu'à une centaine de civils pour chaque district de la province. La rumeur tend à signifier que la campagne d'incorporation aurait les mêmes objectifs.
Des journalistes d'Ogaden online à Ogaden indique que la population civiles de la province s'est déjà exprimée contre la conscription, sous des formes diverses auprès des chefs militaires éthiopiens à la tête de cette campagne.
Il a été rappelé à ces chefs militaires que les civils qui s'étaient portés volontaires lors de la guerre contre l'Érythrée n'ont pas été pris en charge correctement par le gouvernement éthiopien lors de leur démobilisation qui a suivi la fin des hostilités. On rapporte que les chefs militaires ont à coeur de te tenir les quotas prévus pour leur campagne d'enrôlement.
Il y a une opération double pour enrôler les civils pour une mission dont les objectifs ne sont pas encore connus. Les civils se sont vu demander, par les militaires éthiopiens ou les milices qui leurs sont adjointes, de fournir jusqu'à une centaine de jeunes de toutes les franges de la population.
Ces chefs militaires ont signifié aux civils que les jeunes se verraient donner une formation sur les dangers de l'Union des tribunaux islamiques (UIC) de Somalie. 
Pendant ce temps là, Abdirahman Dinari, porte parole du TFG, a indiqué que les forces éthiopiennes resteraient en Somalie tant qu'elles y seraient nécessaire pour y mener à bien leur “mission”. Cette mission étant "d'apporter une aide logistique et d'entraîner nos forces". Dinari ajoute que les Éthiopiens sont en Somalie sur invitation du gouvernement.
A Addis Abeba, le premier ministre éthiopien Meles Zenawi a annoncé que ses troupes pourraient rentrer dans les deux semaines. 
Sources: IRIN: Somalie : Protéger les enfants de l'enrôlement, demandent les agences d'aides, 2 janvier 2007, Garowe online: Éthiopie : Campagne de d'enrôlement dans l'armée à Ogaden, 5 décembre 2006

Abolition de la conscription au Maroc

Le Maroc est sur le point d’abolir le service militaire obligatoire. Cette décision viserait à stopper l’infiltration de l’armée par des islamistes préparant un complot terroriste contre la monarchie.
Les spécialistes estiment que la question de la sécurité a pris de l’ampleur depuis le démantèlement, en août, d’un groupe, « Ansar Al Mahdi » (les partisans du Mahdi), accusé par le gouvernement de vouloir lancer une guerre sainte dans le but d’instaurer un état islamique fondé sur le califat.
Le groupe a recruté au moins neuf de ses membres en infiltrant l’armée et la police
« Cette loi met fin au service militaire obligatoire avec effet immédiat, conformément aux instructions de Sa Majesté Mohammed VI, chef suprême et chef d’Etat major général des Forces armées royales (Far) », a déclaré Monsieur Abderrahmane Sbai, Ministre délégué auprès du Premier Ministre, chargé de l'Administration de la Défense Nationale
Il a ajouté que la conscription avait suscité un « climat d’apathie » et qu’elle n’avait pas satisfait « aux exigences de professionnalisme et de formation scientifique et technique ».
Tous les marocains de sexe masculin devaient jusqu’alors effectuer un an de service militaire. Les 300 000 militaires marocains vont passer professionnels
Sources (en anglais) : IOL, 1er décembre 2006, i On Global Trends, 2 décembre 2006

Les dernières “urgences-objo”

Le mois dernier le siège de l'IRG a publié (en anglais) les “urgences-objo” suivantes :
(les archives complètes sont disponibles sur wri-irg.org/news/alerts)



Le bulletin électronique mensuel du programme de l’Internationale des RésistantEs à la Guerre pour le Droit au Refus de Tuer || Table des numéros précédents