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le fusil brisé, No.77, février 2008

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Quand l'exploitation miniére alimente la guerre

Les innombrables applications de l'aluminium dans la vie civile moderne tendent à masquer ses nombreuses utilisations dans la technologie de l'armement, ce qui le met au rang de la poignée de métaux classés comme stratégiques par le Pentagone. Pour les gouvernements des principales puissances mondiales, cela signifie que s'assurer d'un approvisionnement constant au moindre coût en aluminium est primordial.

À cette fin, la pression pour la construction de nouvelles alumineries et hauts-fourneaux à l'aluminium ainsi que pour l'exploitation de nouvelles mines sont énormes dans de nombreux pays, y compris en Islande. En Inde, cela entraîne une répression des populations locales particulièrement terrible ainsi qu'une menace énorme pour l'environnement surtout en Orissa et Andhra Pradesh, où certaines des montagnes les plus élevées sont châpeautées d'une couche de bauxite de la plus haute qualité. Cette couche est un réservoir pour les pluies de mousson qu'elle distille par le biais de centaines de ruisseaux pérennes. Exploiter les sommets de ces montagnes sapera leur capacité à retenir l'eau. De plus, la production d'une tonne d'aluminium nécessite plus de 1 000 tonnes d'eau. Des déchets boueux, rouges et toxiques à la nouvelle aluminerie Vedanta, à Lanjigarh, ont déjà pollué la rivière Bansadhara, moins d'un mois après sa mise en service.

Les découvertes de la thermite et du duralumin en 1901 et 1908 ont rapidement conduit à commercialiser le potentiel de l'aluminium pour les bombes et les avions. Les Première et Seconde guerres mondiales ont provoqué une énorme augmentation des ventes d'aluminium comme toutes les guerres qui ont suivi. L'aluminium est au coeur du complexe militaro-industriel et régit la guerre moderne comme peu de gens le réalisent.

Les bombes à thermite exploitent le pouvoir explosif latent de l'aluminium, utilisant sa chaleur élevée de formation (température à laquelle il se sépare de l'oxygène) pour accroître la puissance des explosions. C'était la base de 70 000 grenades à main utilisées au cours de la 1ère guerre mondiale. Des utilisations plus récentes incluent les bombes incendiaires lâchées sur des villes allemandes et japonaises, les bombes au napalm, les bombes à fragmentation et les têtes de missiles nucléaires.

Dans les années 1920, les alliages d'aluminium ont permis la conquête du ciel avec le duralumin pour commencer (utilisé pour les avions de la première guerre mondiale). Après la décision d'Hitler de construire un parc massif d'avions de guerre à base d'aluminium, la Grande Bretagne et les États-Unis ont débuté un programme de réarmement en 1934, soutenu par un énorme programme de construction de barrages commencé dans les années 20-30. La coque d'un jumbo jet ou d'un avion militaire est toujours composée d'environ 80 % d'aluminium, même si les alliages utilisés pour l'aérospatiale sont devenus beaucoup plus complexes, particulièrement ceux avec du lithium et les composites à matrices métalliques (CMM).

Henry Kaiser y a répondu en plaidant pour une plus grande production d'aluminium et en fabriquant des bombes incendiaires. La Seconde guerre mondiale a créé un nouvel échelon de l'inhumanité de l'homme pour l'homme en faisant des civils les premières cibles. Très tôt, une clé stratégique de la guerre pour les deux camps fut le bombardement des villes. Les bombes incendiaires et au napalm étaient principalement à base d'aluminium, qui entrait pour 4 à 8 % dans le cas du napalm et de 3 à 13 % dans les bombes incendiaires de Kaiser. 41 000 tonnes de ces bombes ont été lâchées sur le Japon et l'Allemagne en 1944. Le département de la guerre chimique les a utilisées « pour griller le cœur du Japon » et « pour sauver des milliers de vies américaines ».12

Les barrages et l'aluminium sont étroitement liés. Hier comme aujourd'hui, la vraie raison pour construire nombre des plus grands barrages du monde est d'apporter de la puissance hydraulique bon marché à la production d'aluminium. « l'électricité des grands réservoirs de l'Ouest a aidé à gagner la Seconde guerre mondiale », en permettant la production de l'aluminium pour les armes et l'aviation, et plus tard le plutonium pour la bombe atomique.2 En 1940, le président Roosevelt a demandé la construction de 50 000 avions de guerre.

Avant les bombes atomiques, ces bombes chimiques avaient déjà créé des carnages sans nom parmi les civils. La moitié des bombes britanniques lâchées sur Dresde en 1945 était au Napalm, avec l'autorisation de Churchill, et ont tué près de 25 000 civils. Ces bombes sont devenus la normalité en Corée et au Vietnam. En 1956, est arrivée une nouvelle arme terrifiante : la BLU-2 de 15 000 livres, soit 7 tonnes, aussi appelée la faucheuse dont la puissance explosive de la bouillie alumineuse est l'œuvre d'un chrétien d'obédience créationniste du nom de Melville Cook. Ce fut l'arme utilisée pour tapisser de bombes d'immenses régions de la Corée à l'Afghanistan.

Après 1945, la demande en aluminium a brutalement chuté. L'intelligence de Kaiser fut de parier sur une guerre en Corée, et son premier client fut Boeing. Ses usines fabriquèrent bientôt le bombardier B-36 qui sera donc utilisé en Corée. Son pari sur la guerre a payé et il marque le début de ce qu'Eisenhower a nommé « la permanence de l'industrie de guerre », dont nous ne sommes pas revenus. La production américaine d'aluminium a ainsi plus que triplé entre 1948 et 1958, inaugurant un nouvel âge d'or pour l'industrie de l'aluminium.3

Un texte peu connu qui encadre cette politique intitulée Aluminum for Defence and Prosperity (l'aluminium pour la défense et la prospérité, Dewey Anderson, 1951), en dit beaucoup sur ce que l'industrie n'a jamais ouvertement admis depuis :

« L'aluminium est devenu la matière première la plus importante de la guerre moderne. Aucun combat n'est possible, aucune guerre ne peut être menée à bien de nos jours sans utiliser et détruire d'énormes quantités d'aluminium [...] L'aluminium est nécessaire aux armes atomiques tant pour leur production que pour leur acheminement. [4] »

L'aluminium est utilisé pour la technologie des missiles nucléaires que ce soit pour l'explosion, l'acheminement et la propulsion. Les propergols des missiles sont à base de poudre d'aluminium depuis les années 1950. Depuis les années 1990, l'emploi d'une poudre d'aluminium excessivement fine pour le propergol en a étendu cette utilisation via les nanotechnologies, et des nanoparticules d'aluminium issues des déchets de propergols ont déjà créé une sérieuse pollution dans l'espace, impliquant l'industrie spatiale.

La production d'aluminium est subventionnée de bien des manières, du fait de son importance pour la « défense ». Il n'a rien d'un métal écologique et son coût est sous-estimé. En effet, ne sont pas pris en compte dans son prix dc revient, les coûts en réseaux d'électricité, d'eau et de transport qui sont transférés sur les régions de production telle l'Inde de même que celui de la pollution. Pendant ce temps-là, en Europe, les alumineries ferment à vitesse grand-V. Même la Kalachnikov de base a une armature en aluminium depuis 1961.

Parmi les éléments les plus coûteux des systèmes d'armement : les avions de guerre riches en aluminium qui tiennent la corde dans le flot des affaires de corruption avec des pots-de-vin ou des « commissions » faramineuses payées par les principaux producteurs et vendeurs d'armes.5

Dans les débats sur le « changement climatique », les médias mettent trop rarement en lumière le rôle majeur de l'exploitation minière et de la métallurgie de même que celui des entreprises d'armement et de la pollution causées par l'utilisation de ces armes dans les guerres en Irak, Afghanistan et bien d'autres régions.

Les médias sont aussi assez peu diserts sur la situation de nombreux peuples d'Inde, dont les vies se trouvent détruites par les industries de l'acier et de l'aluminium. Les mouvements populaires pour le maintien de leur style de vie méritent d'être connus et soutenus internationalement. Des villageoiSEs, issuEs de communautés tribales ou non, protestant contre les usines chimiques, alumineries et aciéries ont été tués sous le feu de la police à Maikanch (2000) et à Kalinganagar (2006) dans l'Orissa, et à Nandigram (2007) dans le Bengale occidental. Ces évènements ne sont que les manifestations extrêmes du harcèlement continu à l'encontre des tentatives des communautés pour défendre leur propriété.

Cette industrialisation rapide et forcée se réclame du « développement durable » et de la « réduction de la pauvreté » alors qu'elle est tout le contraire. Le niveau de vie des populations s'écroule dans tous les États de l'Inde de par la confiscation des terres par les grands groupes industriels.

L'aluminerie de Lanjigarh est l'œuvre d'une multinationale basée à Londres, Sterlite/ Vedanta. Les communautés tribales des environs ont été dispersées et l'eau, la terre ainsi que l'air ont été sérieusement pollués. Cette usine est construite près d'un massif montagneux le mieux boisé de la région, dans un coin appelé Niyamgiri, qui abrite une population tribale particulière, classée comme « tribu primitive », les Dongria Konds. Ceux-ci se préparent à résister à toute attaque de leur montagne sacrée. Cette affaire a été pendant plus de trois devant la Cour suprême indienne, avec d'énormes pressions de parts et d'autres, et une débauche de moyens énormes de la part de Vedanta. Cette lutte est fortement symbolique pour les Dongrias dont la divinité suprême est le dieu de la Justice. Cette divinité suprême est associée à ce sommet montagneux de 1 250 m et c'est en son nom que les Dongrias ont érigé un tabou sur l'exploitation des arbres de cette montagne. Ainsi, a été préservée une surface étendue de forêt primaire abritant des espèces endémiques - que Vedanta veut dépouiller à ciel ouvert ! Une filiale de Vedanta du nom de Balco est le premier fournisseur de l'armée indienne en lui vendant, entre autres, ses missiles.

Les industries, qui sont promues à Orissa et dans les États voisins d'Inde orientale, nourrissent les guerres dans le monde, de même qu'elles soutiennent le tout automobile, l'emballage à profusion et les constructions à grande échelle, tout ceci se révélant totalement non viable à long terme. Comme l'indique Bhagavan Majhi - un des responsables du mouvement tribal du Kashipur contre le projet Utkal :

"Je pose la question au chef de la police. Je lui demande : « Monsieur, qu'entendez-vous par progrès ? Est-ce un progrès que d'exproprier les populations ? Ces populations au nom desquels ces progrès sont effectués devraient en bénéficier, et après elles leur descendance. Voilà ce qu'est le progrès. Il ne devrait pas seulement nourrir la cupidité de quelques officiels. Détruire des montagnes vieilles de millions d'années n'est pas un progrès. Si le gouvernement a décidé que nous avions besoin d'aluminium et de mines de bauxite, il devrait nous octroyer des terres de substitution. Comme les Adivasis, nous sommes des cultivateurs. Nous ne pouvons vivre sans terre… Si leur besoin en aluminium est si vital, ils doivent nous dire pourquoi et à quelles fins. Pour fabriquer com- bien de missiles, notre bauxite sera-t-elle utilisée ? Quelles bombes fabriquerez-vous ? combien d'avions militaires ? Vous devez rendre des comptes exhaustifs 6 ».

L'industrie minière, l'industrie militaire et les institutions financières mondiales qui les soutiennent sont étroitement liées et tirent d'énormes profits de la guerre. Il n'y aura pas de paix en ce monde sans que ne cesse la course aux armements, et cette course aux armements est alimentée par l'exploitation des minerais et l'industrie métallurgique.

par Felix Padel

D'après un chapitre du livre à paraître de Felix Padel & Samarendra Das sur les aspects politico-économiques de l'industrie de l'aluminium et leurs impacts à Orissa

NOTES

  1. P.McCullly in Silenced rivers : The ecology and politics of large dam, 1996, Zed Books, New York, non traduit en français.
  2. Albert Heiner in Henry J.Kaiser : Western Colossus, p.112, 1991, Halo Books, San Fransisco.
  3. George David Smith in From Monopoly to competition: The transformations of Alcoa, 1888-1986, p.150, 1988, CUP, Cambridge.
  4. Dewey Anderson in Aluminum for Defence and Prosperity, p. 3-5, 1951, US Public Affairs Institute, Washington.
  5. Sampson, en 1977 donne plus d'exemples antérieurs aux années 80. Depuis, les médias ont révélé un flot continu de scandales de ce type. CAAT travaille principalement sur ce sujet, se consacrant fréquemment aux implications des ministères et institutions britanniques.
  6. On peut entendre cette déclaration dans le documentaire de Amarendra & Samarendra : Matiro Poko, Company Loko (Earth worm company man) par Amarendra & Samarendra Das.

Édito

L'exploitation minière qui alimente la guerre a inspiré le titre de ce Fusil Brisé, dont c'est le thème principal. L'Internationale des RésistantEs à la Guerre travaille contre les profiteurs de guerre en soutenant les campagnes nonviolentes locales contre ces entreprises. La plupart des campagnes auxquelles nous avons collaboré ciblait des profiteurs de guerre reconnus : marchands d'armes et autres fournisseurs de services aux armées. Avec ce numéro, nous voulons gravir un nouvel échelon en nous penchant sur les liens entre l'industrie minière et la mondialisation de la militarisation.

L'IRG considère nécessaire de mettre en lien les campagnes locales contre l'indus- trie minière et le mouvement antiguerre. Vous pourrez lire dans les articles de ce numéro que l'industrie minière joue un rôle important dans les conflits locaux, particulièrement en Afrique, comme le relève l'article de Jan Van Criekinge mais aussi que les minerais extraits sont vitaux pour l'industrie de l'armement, comme le note Felix Padel dans son article sur l'aluminium.

Ce Fusil Brisé annonce aussi un des principaux thèmes du séminaire de l'IRG qui aura lieu en Inde du 27 au 30 décembre 2008 : « Mettre en réseau les luttes pour des moyens locaux de subsistance et celles contre la mondialisation de la militarisation ». Le séminaire rassemblera des militantEs et des checheur(euse)s du monde entier pour analyser le rôle des États et des entreprises multinationales dans la déprivation des moyens de subsistance locaux des communautés ; notre objectif étant d'apprendre des expériences de résistance nonviolente à différentes échelles, des plus locales aux plus globales.

Javier Gárate

Afrique : conflits et déplacements de population dus à l'exploitation minière

« Les déplacements de population dus à l'exploitation minière [...] ont été une des causes les moins médiatisées des migrations en Afrique, et c'en est une qui devrait croître tant l'extraction de minerais demeure un élément clé de l'économie dans toute la région, » d'après une publication officielle de SADC, (Communauté de développement d'Afrique australe), début 2006.

Comme d'autres continents, les horreurs des réquisitions de terres sont vécues par les communautés affectées par les mines de manière similaire, ou peut-être même pire, pour les personnes concernées par un barrage ou tout autre projet pharaonique. Quand un contrat minier est émis, les menaces immédiates pour les communautés locales sont l'expropriation et la réquisition des terres (perte du droit de propriété). C'est une composante incontournable de l'extraction minière à grande échelle. Au Botswana, le déplacement des Boshiman de la réserve centrale de Kalahari Game, pour ouvrir le parc naturel à l'exploitation diamantifère à grande échelle, en est un des exemples récents.

Dans de nombreux pays - particulièrement les plus démocratiques - des procédures officielles complexes existent pour l'acquisition de terrains et pour l'exploitation d'un gisement minier (exploration, prospection comme extraction). Mais en réalité, les projets miniers sont presque toujours soutenus et les intérêts de l'industrie minière comptent bien plus que la protection des communautés ou celle des ressources naturelles qui existent dans une région de gisement. La priorité des réformes économiques dans les pays africains se reflète dans les évolutions politiques relatives au travail, à l'acquisition des terres, à la conservation des forêts et à la protection de l'environnement qui montrent en général un irrespect croissant du droit des communautés par les États et les forces armées. Les activités minières ont aussi multiplié l'exploitation des femmes et la dégradation de leurs droits. Et les femmes du monde rural perdent tout accès à la terre dès lors que la mine s'installe. Les témoignages de femmes des régions minières du Ghana montrent que les déplacements de population et la perte des terres sont les problèmes les plus dramatiques affectant leurs vies.

Les mécanismes d'acquisition des terres ayant cours dans les pays africains donnent à l'état des pouvoirs considérables pour empiéter sur les propriétés privées pour la moindre « nécessité publique », exploitation minière comprise. Dans la plupart des cas, les communautés sont informées des projets au moment des expropriations quand arrivent les bulldozers souvent appuyés par une forte présence policière. Quand les compagnies et les gouvernements indiquent les prévisions financières relatives à un projet minier, il est par conséquent crucial d'analyser celles-ci du point de vue du coût environnemental et social : la déforestation, la pollution et autres détériorations de l'environnement ; les déplacements de populations et la perte de l'a- ccès à la terre, aux points d'eau et aux forêts ; les pertes d'habitats ; l'exposition à des risques sanitaires, à la violence et aux abus ; la transformation de villages en bidonvilles déculturés ; les risques d'accidents et de désastres.

Pour simplement donner deux exemples de déplacements de population dus à l'exploitation minière : l'exploitation aurifère au Ghana et l'exploitation illégale des diamants et du coltan1 dans la République démocratique du Congo tiraillée par la guerre.

L'or sale du Ghana

« Non à l'or sale» fut le nom donné à une campagne de consommateurs lancée en 2004 par l'organisme à vocation environnemental Earthworks et par Oxfam-Amérique, dans l'objectif d'interpeller l'industrie aurifère et de changer les pratiques d'extraction et de commerce du minerai. Il était demandé aux consommateurs de signer un engagement sur le site Internet de la campagne : www.nodirtygold.org/. La plupart des consommateurs ne réalisent pas que la production aurifère est synonyme dans les pays africains de violations des droits de l'homme voire d'emprisonnements et de morts ainsi que de désastres écologiques. Dans le cadre de la campagne, Earthworks et Oxfam-Amérique ont publié le rapport Dirty Metals: Mining, Communities and the Environment qui détaille les pollutions massives, les gigantesques fosses à ciel ouvert, les effets sanitaires dévastateurs pour les communautés, les dangers pour les travailleurs et, dans de nombreux cas, des violations des droits de l'homme. Le rapport montre aussi que l'exploitation minière n'améliore pas la condition des populations devenant plutôt la « malédiction des ressources » pour des pays comme la Guinée, le Niger, la Zambie et le Togo - une malédiction en deux volets pour les communautés locales qui, outre leur émigration physique et forcée, entraîne la perte de leur mode de vie traditionnel.

Au Ghana, en Afrique de l'ouest, un pays aux gisements aurifères immenses, la commission ghanéenne des droits de l'homme et de la justice administrative a publié en 2000 un rapport montrant « des évidences écrasantes de violations des droits de l'homme causées par l'activité minière. Celles-ci ne sont pas sporadiques, mais suivent un schéma bien établi commun à presque toutes les communautés minières ». Entre 1990 1998, plus de 30 000 personnes de la région de Tarkwa ont été déplacées du fait de l'exploitation aurifère. « Notre population a souffert des coups, des emprisonnements et des meurtres pour s'être levée en faveur des droits de notre communauté contre les multinationales de l'industrie minière » indique Daniel Owusu-Koranteng, un mineur militant de Tarkwa. Des recherches par WACAM (Wassa Association of Communities Affected by Mining: l'association Wassa des communautés touchées par l'exploitation des mines) a mis en évidence qu'entre 1994 et 1997, le personnel de sécurité de l'AGC (Ashanti Goldfields Company) agissant de concert avec la police et l'armée ghanéenne a tué trois mineurs artisanaux.2 Au cours d'un incident en janvier 1997, seize mineurs artisanaux ont été sévèrement battus par le personnel de sécurité de l'AGC et d'autres ont été attaqués par des chiens de sécurité.

Même au regard de l'emploi, l'exploitation des mines n'est pas viable. La destruction de la base d'emplois traditionnels est suivie de la perte des emplois miniers. Quand les gisements sont taris, les emplois s'évanouissent. La plupart des projets à grande échelle ont une durée de vie de dix à quarante ans, après laquelle les entreprises minières ferment et se déplacent pour de nouveaux projets. Et les écoles, les hôpitaux et autres services mis en place par l'entreprise perdent en général leurs subsides. Quand c'est le cas, les mineurs et les communautés sont livrés à elles-mêmes. Les emplois à la mine étant spécifiques, les mineurs sont souvent peu employables dans d'autres secteurs.

Plus que dans d'autres pays africains, la société civile ghanéenne est impliquée dans la lutte contre les violations des droits de l'homme perpétuées par les compagnies minières et les agences étatiques de sécurité. Elle a créé la Coalition nationale des mines (NCOM : National Coalition on Mining) en solidarité avec les communautés affectées par l'exploitation minière. Cependant, le gouvernement ghanéen a privatisé le secteur minier en accord avec les prescriptions du FMI et de la Banque mondiale et le pays attire des investissements croissants d'entreprises multinationales du secteur. Cette croissance des investissements étrangers ne se traduit pas par une hausse de l'offre d'emplois ni des finances gouvernementales.

Les communautés affectées par les mines crient depuis des années les affronts subis par leur dignité et les violations de leurs droits, particulièrement leurs droits économiques et sociaux. En 2006, la NCOM a listé des exemples spécifiques de violations sauvages des droits du citoyen perpétrées par l'industrie minière, les forces de police ou l'armée. Parmi ceux-ci, des violences, des arrestations illégales et des détentions de membres des communautés, la torture de personnes illégalement arrêtées et détenues, des agre- ssions (impliquant parfois des armes à feu ou autres armes mortelles) de jeunes accusés d'extraction illégale ou de violation de propriété sur la mine, des interférences avec le droit constitutionnel des citoyens à manifester publiquement contre les activités néfastes de l'industrie minière.

« La puissance répressive de l'État s'est accrue », pointe, en 2004, l'Initiative africaine relative à l'exploitation minière, à l'environnement et à la société (AIMES) : « L'État et ses institutions ont eu une attitude et un comportement hostiles envers les citoyenNEs qui ont été déterminéEs à promouvoir leurs droits et leurs intérêts face aux entreprises multinationales. Nous avons été témoins d'exemples à travers l'Afrique où des forces de sécurité étatiques ou privées ont été utilisées à l'encontre de citoyenNEs et de communautés qui avaient exprimé un point de vue différent ou effectué des demandes légitimes. Cette attitude et ces comportements de l'État vont à l'encontre de la transparence et du dialogue sur les problématiques du secteur minier. » En 2007, AIMES a publié une alerte face aux nouveaux acteurs s'invitant sur le marché africain : « Les investissements directs de l'étranger (FDI-IED) dans le secteur minier en Afrique ont cru significativement au cours des dernières décennies surtout avec les nouveaux entrant tels la Chine, l'Inde et l'implication américaine dans l'exploitation pétrolière du Golfe de Guinée. Cette hausse n'a pas apporté d'amélioration à la réduction de la pauvreté, à la protection de l'environnement, ni au respect des droits de l'homme en Afrique. Elle s'est plutôt traduite par des privations accrues pour les populations et gouvernements d'Afrique au bénéfice de l'industrie minière. Les éléments clés parmi ces conséquences négatives sont une hausse de la paupérisation des populations, de la rareté des ressources vitales et environnementales, des conflits, des inégalités hommes-femmes, de la violence et de l'insécurité. »

Les diamants du sang et le coltan au Congo

La plupart des appels pour un contrôle juridique du commerce des diamants proviennent d'ONG à travers le monde, et particulièrement celles impliquées dans la construction de la paix en Afrique. Bien qu'une industrie diamantaire légale existe, il est porté une attention de plus en plus soutenue au commerce illicite et même à un commerce licite aux bénéfices illicites. C'est de là que provient le débat sur « les diamants de la guerre ». Les diamants de la guerre sont les pierres dont les bénéfices du commerce sont utilisés, contre toute moralité, pour alimenter les guerres civiles en cours dans de nombreux pays d'Afrique. La République démocratique du Congo (RDC) n'est pas une exception. Les forces rebelles contrôlent certaines régions dont sont extraits les diamants, devenant ainsi acteurs du théâtre minier par l'extraction des diamants et leurs ventes illégales pour le financement de leurs activités insurrectionnelles.

Les pressions ont eu pour conséquences des tentatives de contrôle dont les décisions du conseil de sécurité de l'ONU qui ont imposé des sanctions contre l'UNITA, un ancien groupe rebelle accusé d'utiliser les profits du commerce des diamants pour financer la guerre civile en Angola. Bien que l'Angola soit la seule cible de ces décisions, les organisations faisant campagne pour l'arrêt du commerce des diamants de la guerre font pression pour que ces résolutions soient aussi appliquées au Congo-RDC.

Cependant, les activités illégales de l'industrie diamantaire en vue du financement de la guerre est un problème encore plus important. L'exploitation des mi- nes de diamants au Congo se situe principalement à l'Est du pays, qui fut longtemps aux mains des factions rebelles soutenues par l'Ouganda et le Rwanda. Les conséquences désastreuses de cette situation étant les déplacements forcés des populations congolaises vivant dans les régions minières et les violations des droits de l'homme alors perpétrées non seulement par les groupes rebelles du Nord-Kivu et du Sud-Kivu mais aussi par les forces gouvernementales. Les violations des droits de l'homme incluent le meurtre de civils, des mauvais traitements aux prisonniers, des exécutions extrajudiciaires de prisonniers, le recrutement d'enfants soldats. En fait, chaque camp a été accusé d'avoir des intérêts commerciaux dans cette guerre de par les nombreuses ressources impliquées.

Des organisations de défense des droits de l'homme ont soutenu que des sociétés multinationales issues des pays riches ont profité de la guerre et ont développé des réseaux parmi les élites politiques, militaires et commerciales du pays pour piller les ressources naturelles du Congo. Un certain nombre de sociétés et de gouvernements occidentaux ont fait pression sur un comité de l'ONU pour que soient retirés d'un rapport les détails de trafics louches, comme l'indiquait The Independent (Londres) en octobre 2003 :

"En octobre dernier [2002], le comité a accusé 85 entreprises de ne pas respecter les critères de l'OCDE au travers de leurs activités commerciales. Viols, meurtres, tortures et autres violations des droits de l'homme ont suivi la bousculade pour l'exploitation de la richesse du Congo après que la guerre a démarré en 1998. Pour exemple, le commerce du coltan, un minerai rare utilisé dans la fabrication des ordinateurs et téléphones portables a des conséquences sociales renvoyant à l'esclavage, indique le comité. Mais aucun gouvernement occidental n'a poursuivi les entreprises soupçonnées d'être liées à de telles pratiques. Certaines, dont des entreprises du Royaume-Uni, Belgique, Allemagne et États-Unis ont fait pression pour que leur nom soit retiré de la liste de la honte... D'autres entreprises ont donné des explications légitimes quant à leur implantation au Congo ou se sont retirées. Mais les avocats d'autres compagnies ont défié les découvertes du comité spéculant souvent sur des erreurs de rapports antérieurs pour décrédibiliser celui-ci".

Quand l'ONU a finalement publié le rapport fin 2003, il comprenait une liste d'environ 125 sociétés et individus dont le nom apparaissaît dans un rapport antérieur du comité pour avoir contribué directement ou indirectement à faire fructifier la guerre au Congo. D'autres sociétés, note le rapport, ne sont peut-être pas directement en lien avec le conflit mais ont des connections avec les principaux protagonistes. De telles compagnies ont profité de la situation chaotique au Congo-RDC. Par exemple, elles pouvaient obtenir des concessions ou des contrats sur une base plus favorable que dans des pays stables et en paix.

Jan Van Criekinge

Sources

  1. Communiqué de l'AIMES : http://www.twnafrica.org/aimes.asp
  2. Mining Watch Canada : http://www.miningwatch.ca/index.php?/Newsletter_16/AIMES_stmt_2004
  3. Social and environmental accountability issues in foreign direct investment flows to Africa: a focus on the mining sector, n° 15 de l'agenda africain, 1997 par TWN Africa : http://www.displacement.net/, http://www.forcedmigration.org/guides/fmo022/fmo022-1.htm
  4. Rapport final du groupe d'experts sur l'exploitation illégale des ressources naturelles et autres ressources de la République démocratique du Congo, Conseil de sécurité de l'ONU, 2003 : http://daccess-ods.un.org/TMP/817929.2.html
  5. L'enjeu géopolitique des sociétés minières internationales en République Démocratique du Congo par Pierre Baracyetse, ingénieur civil des mines / SOS Rwanda-Burundi, Décembre 1999 : http://www.inshuti.org/minieres.htm
  6. Declan Walsh, UN cuts details of Western profiteers from Congo report, The Independent, 27 October 2003, Londres
  7. Pour plus d'infos sur NCOM-Ghana, contacter : Environment Unit, Third World Network Africa, P.O. Box AN 19452, Accra. Tél : +233-21-500419/503669/511189 ; fax : +233-21-511188 ; email : environment@twnafrica.org. TWN Africa est le secrétariat du NCOM.
  8. Autre référence : L'or africain. Pillages, trafics et commerce international par Gilles Labarthe avec François-Xavier Verschave, Editions Agone, Marseille, 2007.

Multinationales & Militarstion en Équateur

Depuis les dernières semaines de novembre et pendant tout décembre 2007, l'état d'urgence, avec militarisation de la zone, a été décrété à Orellana, région amazonienne d'Équateur. Les raisons en sont principalement les actions des habitants de la colonie de Dayuma qui protestent de l'abandon dans lequel les laissent le gouvernement équatorien.

Cette militarisation et cette répression ont mené à plusieurs arrestations et à des entrées illégales dans les domiciles violant ainsi les droits élémentaires des résidentEs, alors que celleux-ci demandaient juste que leurs besoins élémentaires puissent être satisfaits.

Mais quelle est la vraie raison pour que l'État équatorien militarise cette province ?

La province accueille des compagnies pétrolières, étatiques comme multinationales, bien établies telles la Repsol-YPF (Espagne), la Petrobell (Canada), Petrosud-PetroRivas (Argentine), Perenco (France), SIPEC/ENAP (Chili), Petrobrás (Brésil) et Petroecuador (Équateur), parmi d'autres.

L'état d'urgence a en fait été décrété pour assurer à ces compagnies pétrolières de pouvoir continuer à exploiter tranquillement l'or noir avec pour résultat, une population de Orellana menacée, réprimée et emprisonnée.

La justification du gouvernement équatorien est que rien ne peut entraver « le développement du pays », et de ce fait, le pétrole équatorien devrait être exploité à tout prix. Selon les propres mots du président équatorien, Rafael Correa: «Ce ne sont pas les communautés qui manifestent mais un groupe de terroristes.

Les populations de l'Est ne supportent pas les environnementalistes romantiques, et ce sont ces gauchistes infantiles qui veulent déstabiliser le gouvernement. Ne les croyez pas. Toute personne qui s'oppose au développement du pays est un terroriste.

Des terroristes manipulent les habitants en disant que nous oublions leurs territoires. Ne vous laissez pas décevoir.

Le gouvernement recherchent ceux qui sont derrière tout cela. Nous avons même des informations comme quoi une partie de l'église en ferait partie. Nous espérons cela faux car ce serait terrible si des gens d'église étaient impliqués.

Le gouvernement ne permettra pas que soit arrêtée l'exploitation des minerais et du pétrole.

Je fais référence à Ecuacorriente [l'entité équatorienne d'une entreprise minière canadienne] dont les millions permettront au pays de sortir du sous-développement. Nous en avons besoin pour construire des écoles et des hôpitaux.

Il est plus immoral d'éviter le rapport coût/bénéfice entre l'exploitation de l'ITT [les gisements pétrolifères] et les percées effectuées dans la jungle, parce que nous avons besoin de l'argent de l'exploitation minière et pétrolière. J'affirme donc que c'est plus immoral de laisser mourir la population pour défendre des oiseaux et des arbres ».

Cela confirme encore qu'en Équateur, tout comme dans d'autres pays du monde, les intérêts des multinationales passent avant ceux de la population. De plus, l'armée équatorienne possède un consortium d'entreprises qui sont parmi les vingt-cinq les plus importantes en Équateur ; et nombre de ces entreprises sont des fournisseurs de l'industrie pétrolière. Pour exemples, Cuerpo de Ingenieros del Ejército (le Corps des Ingénieurs de l'Armée) a obtenu une série de contrats pour la construction d'une autoroute dans la forêt amazonienne, et l'armée de l'air est en contrat avec des compagnies pétrolières pour l'utilisation d'hélicoptères au transport de matériel pour les tours de distillation.

Les multinationales pétrolières sont les vrais interlocuteurs pour la guerre, vu qu'elles tiennent l'État et l'armée à leur main, obligeant ceux-ci à menacer et réprimer les populations de manière à poursuivre l'exploitation du pétrole et maximiser les profits de ces multinationales.

Il est logique pour ces entreprises de vouloir extraire tant et plus de pétrole, celui-ci se négociant à plus de 100 dollars US le baril, l'exploitation du pétrole n'a jamais été aussi lucrative. En outre, l'État ne touche que 20 % pour chaque baril sorti d'Amazonie équatorienne. Ainsi, pour un baril à 60 dollars US, l'État ne perçoit que 12 dollars. Cependant, ceci devrait changer du fait de décrets permettant à l'État d'augmenter ses revenus.

Avec ce fonctionnement qui favorise les profits des compagnies pétrolières au détriment des droits de la population du pays, l'État fait ce qu'il veut de la population la qualifiant de terroriste, délinquante, fanatique, etc. Un peu dans le style des discours de Bush, en tentant de criminaliser la mobilisation populaire.

Le pouvoir des multinationales du pétrole sur l'armée et l'État en Équateur est tel que le militaire qui vient dans un village pour une arrestation est souvent accompagné d'un représentant de l'industrie pétrolière, sous-entendant subtilement que la compagnie pétrolière est à l'origine de l'arrestation.

Aujourd'hui encore, des personnes sont arrêtées et détenues de par la situation à Dayuma. Elles seront poursuivies pour terrorisme, actions contre l'État, parmi d'autres chefs d'inculpation.

Pour plus d'information sur la situation à Arellana ou pour soutenir les personnes arrêtées sont à visiter les sites Internet : www.accionecologica.org, www.cedhu.org, www.inredg.org/. Ils contiennent des informations détaillées sur la situation dans la région, et sur les derniers évènements s'y déroulant.

Xavier Leon

22 mars 2008 - NATO GAME OVER : Riposte à la mondialisation militaire !

Cinq ans après le début de la guerre en Irak, un WE d'action aura lieu au quartier général de l'OTAN à Bruxelles en Belgique. Des pacifistEs de toute l'Europe convergeront le 22 mars 2008 pour la première édition de « NATO Game Over ». Nous tenteront de rentrer et de fermer de manière non-violente le quartier général de l'OTAN à Bruxelles, et ce afin de prévenir de nouveaux crimes de guerre et de nouvelles invasions militaires.

Pourquoi 'OTAN?

Des armes nucléaires de l'OTAN sont toujours présentes en Belgique. De plus, les Etats-Unis projettent des plans démesurés : L'OTAN doit devenir une alliance militaire mondiale et doit être armée d'un arsenal d'armes nucléaires tactique et directement utilisable. Via l'OTAN, l'Europe participe à la guerre en Afghanistan et en Irak. Les pays européens entraînent leurs militaires pour les forces d'intervention rapide de l'OTAN. Dans le cadre de l'OTAN, les Etats-Unis ont toujours des bases militaires en Europe qu'ils utilisent pour leurs interventions militaires partout dans le monde.

Oú pouvons-nous faire la difference?

Nous sommes une petite organisation, mais par le biais des actions des Bombe-spotters, nous sommes parvenus à remettre les armes nucléaires à l'agenda politique. Le plus grande obstacle pour parvenir au retrait des armes nucléaires est le tabou qui règne autour de l'OTAN. L'OTAN est un sanctuaire impossible à remettre en cause. Avec les Bombe-spotters, nous voulons lancer la discussion sur l'OTAN durant les années à venir. Par le biais d'actions directes non violentes, nous voulons veiller à ne pas pouvoir être mis de côté et niés.

NATO GAME OVER n'est pas une manifestation, encore moins un jeu dans les bois, mais une action de la désobéissance civile. Vu que l'OTAN refuse de supprimer sa stratégie d'armes nucléaires et viole ainsi le droit international, vu que l'OTAN intervient militairement partout où ses intérêts sont menacés, nous prenons, en tant que citoyens, nos responsabilités afin de tenter d'arrêter ces délits. Nous essaierons d'entrer dans la base de l'OTAN et de sceller ses portes, ses fenêtres et ses entrées principales pour prévenir des crimes de guerre. Nous commettrons donc une infraction à la loi et ce, en vue d'arrêter de plus grands délits. Nous sommes ainsi soutenu par le droit international. Nous savons que nous ne serons pas reçus à bras ouverts. L'action évoque la résistance. Mais nous nous organisons pour ce que l'action se passe de manière non-violente.

Les jours qui suivront, Bombspotting et War Resisters International organisent une conférence sur les moyens de riposte à la mondialisation militaire actuelle avec des moyens de résistance non-violente.

Intéressé ? Contact : international@bombspotting.org

http://bombspotting.org
http://wri-irg.org

Le Fusil Brisé

Le Fusil Briséest le bulletin d'information de l'Internationale des RésistantEs à la Guerre. Il est publié en anglais, espagnol, français et allemand. Ceci est le numéro 77 de février 2008.

Ce numéro est le fruit du travail de Javier Gárate. Merci particulièrement à Felix Padel, Jan Van Criekinge, Xavier Leon, Howard Clark et Andreas Speck. Pour vous procurer d'autres copies de ce Fusil Brisé, merci de contacter le siège de l'IRG ou de le télécharger de notre site internet.

Internationale des RésistantEs à la Guerre 5 Caledonian Rd, Londres
N1 9DX, Grande Bretagne
Tél:+ 44 20 7278 4040
Fax:+ 44 20 7278 0444
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