
Accueil > Publications > le fusil brisé > No.73, janvier 2007 > version PDF
Les luttes et les alternatives populaires sont la thématique de ce Forum social mondial de Nairobi. Un thème qui est assurément pertinent pour les pacifistes et les antimilitaristes mais aussi très pertinent dans le contexte africain ou les populations luttent contre l'exploitation néo-coloniale et contre la guerre et la violence.
Depuis les débuts du Forum social mondial en 2001, les antimilitaristes et les pacifistes sont plutôt restés à la marge de ce processus, manquant ainsi l'opportunité d'engager un débat avec des mouvements venant de toute la planète. Il y a certainement des différences d'opinion, de stratégie et par dessus tout une vision qui diffère souvent sur l'utilisation de la violence. Tout en restant fermes sur nos engagements pacifistes et antimilitaristes, nous avons beaucoup à apprendre d'autres mouvements et aussi beaucoup à apporter.
La nonviolence contient une large gamme d'outils et d'expériences dans la pratique d'une réelle démocratie exercée par la base, dans l'émancipation des populations, et dans la construction d'alternatives. Cette expérience - souvent issue de l'anarchisme et du féminisme - peut servir au processus du FSM qui lutte dans les domaines de la démocratie participative, de la prise de décision et d'autres. Non pas que nous ayons toutes les réponses - loin de là - mais nous pouvons apporter notre expérience non négligeable.
Nous pensons que ce n'est pas aujourd'hui le moment de rester à l'écart pour critiquer le FSM dans une perspective puriste mais plutôt le moment de s'engager avec d'autres mouvements à utiliser l'espace qu'apporte le Forum social mondial - non sans le critiquer pour autant - afin de participer aux nouvelles alternatives et aux nouvelles stratégies de manière à changer le monde. Parce que le changement est nécessaire - un changement révolutionnaire et radical - si nous voulons rompre le cercle vicieux de la violence, de la pauvreté, de la destruction de l'environnement et de la menace nucléaire !
Andreas Speck & Javier Garate
Le Forum social mondial a maintenant six ans. Depuis ces débuts à Porto Alegre en 2001, il a grandi, il a inspiré des processi régionaux et il a évolué. Avec son succès, le Forum social mondial a suscité l'intérêt de la gauche traditionnelle et des gouvernements marqués à gauche. Le président du Brésil, Lula, s'est exprimé au Forum social mondial, et le gouvernement vénézuélien a intrumentalisé le forum "polycentrique" de Caracas pour promouvoir la "révolution bolivarienne". Alors, le FSM rejoint-il l'ancienne mode des politiques traditionnelles de gauche en abandonnant ses principes propres ? Est-ce que le FSM tombe dans le piège de s'opposer à un bord de l'éventail politique - l'impérialisme américain - tout en fermant les yeux sur la militarisation et les violations des droits de l'homme quand elles se produisent sur la gauche du spectre politique, suivant le principe "les ennemis de mes ennemis sont mes amis? "
La Charte des principes du Forum social mondial remonte à 2001. Le premier principe de cette charte pose les bases du FSM : "Le Forum Social Mondial est un espace de rencontre ouvert visant à approfondir la réflexion, le débat démocratique d'idées, la formulation de propositions, l'échange en toute liberté d'expériences, et l'articulation en vue d'actions efficaces, d'instances et de mouvements de la société civile qui s'opposent au néolibéralisme et à la domination du monde par le capital et toute forme d'impérialisme, et qui s'emploient à bâtir une société planétaire axée sur l'être humain."
Le principe 5 indique : "Le Forum Social Mondial ne réunit et n'articule que les instances et mouvements de la société civile de tous les pays du monde, mais il ne prétend pas être une instance représentative de la société civile mondiale", excluant ainsi les gouvernements et les armées. Le principe 9 l'exprime en toutes lettres, bien que de manière plus faible : "Ne pourront participer au Forum en tant que tels les représentations de partis, ni les organisations militaires. Pourront être invités à y participer, à titre personnel, les gouvernants et parlementaires qui assument les engagements de la présente Charte."
Le principe 10 pose d'importantes valeurs : "Le Forum Social Mondial s'oppose à toute vision totalitaire et réductrice de l'économie, du développement et de l'histoire, et à l'usage de la violence comme moyen de contrôle social par l'État. Il y oppose le respect des Droits de l'Homme, la véritable pratique démocratique, participative, par des relations égalitaires, solidaires et pacifiques entre les personnes, les races, les sexes et les peuples, condamnant toutes les formes de domination comme l'assujettissement d'un être humain par un autre." Et le principe 13 mentionne comme un des objectifs de "fortifier et [...] créer de nouvelles articulations nationales et internationales entre les instances et mouvements de la société civile qui augmentent, tant dans la sphère de la vie publique que de la vie privée, la capacité de résistance sociale non violente au processus de déshumanisation que le monde est en train de vivre et à la violence utilisée par l'État".
L'appel de Bamako, qui est en quelque sorte issu de ces principes a été adopté au FSM polycentrique du Mali, en janvier 2006. L'appel de Bamako est rempli de la rhétorique démodée de la gauche et met une emphase particulière sur la classe ouvrière - on dirait en fait que le terme "instances de la société civile" tiré de la charte des principes a disparu du langage de l'appel de Bamako. Pour exemple, l'appel de Bamako appelle sans réserve à élargir "les campagnes de solidarité avec le Venezuela et la Bolivie, en tant que lieux de construction d'alternatives au néo-libéralisme et d'artisans d'une intégration latino-américaine." Cependant l'appel de Bamako reconnaît "que l'échec du soviétisme et des régimes issus de la décolonisation résultent en grande partie de leur déni des libertés et de leur sous-estimation de la démocratie. L'élaboration d'alternatives doit intégrer ce constat et donner une place prééminente à la construction démocratique."
Toujours est-il, plus frappant encore et tant dans la charte des principes originels que dans l'appel de Bamako, que l'analyse de la militarisation en tant que telle se trouve totalement absente. L'antimilitarisme est vu sous l'angle de l'anti-impérialisme, et se limite à l'opposition aux actions militaires de l'Otan et des États-Unis, mais ne s'étend pas aux autres acteurs.
Dans sa déclaration de 1990 "Nonviolence et lutte armée", L'Internationale des résistantEs à la guerre écrit_: "Pour nous, les mouvements de libération sont authentiques tant qu'ils renforcent l'autonomie et la capacité organisationnelle des populations et reflètent les aspirations des excluEs. Ils peuvent rassembler de nombreuses instances sociales et tendances politiques mais ils doivent dépendre de la participation des sans pouvoirs.
La libération recherchée ne doit pas occasionner l'oppression d'autrui mais au contraire respecter les droits de touTEs : nous ne sommes que trop conscientEs du risque que les libérateurs d'aujourd'hui ne deviennent les oppresseurs de demain."
"Il n'y a rien de romantique dans l'expérience de la guerre, y compris la lutte armée révolutionnaire. Nous pouvons com- prendre les raisons conduisant à la lutte armée, mais nous alertons quant à ses conséquences. Peu importe la justesse de la cause, peu importe que la lutte armée soit la méthode adoptée en dernier recours, la guerre dégénère toujours. Le sabotage ciblé tend à se dissoudre dans des attaques qui tuent sans discrimination des civilEs non-combattantEs et entraînent des représailles. Les conflits locaux font éruption à partir d'inimitiés qui se nourrissent eux-mêmes sans aucun contrôle politique_; la violence devient un schéma de prise en charge de tout conflit.
Si la lutte armée doit amener la victoire finale, une armée est alors nécessaire - une armée de soldats prêts à tuer sur ordre, travaillant selon une chaîne de commandement structurée, et dépendante des fournisseurs d'armes qui veulent profiter des combats, politiquement ou financièrement. Les besoins militaires en deviennent prioritaires sur les considérations humaines et sociales."
Les exemples sont nombreux, et l'espace manque ici pour tous les analyser. Il faudra donc se contenter de rapides instantanés "snapshots" :
Cette liste pourrait être étendue.
Le président Vénézuélien Hugo Chavez revendique la nécessité pour le FSM de "l'ajout d'une stratégie de pouvoir" à son agenda. Je ne suis pas souvent d'accord avec Chavez, mais là_: si. Cependant, une stratégie de pouvoir requiert une analyse du pouvoir, et à ce titre l'analyse antimilitariste diffère fortement du populisme anti-impérialisme de Chavez.
Le pouvoir est central. Pas seulement le pouvoir dans le sens de "pouvoir sur" - celui d'un groupe d'individu pour en dominer un autre (la violence structurelle). Une compréhension du pouvoir est aussi cruciale pour combattre la domination et la violence_: le pouvoir solidaire qui est le pouvoir de personnes coopérant ensemble pour réaliser des objectifs qu'elles ne pourraient atteindre seule_; et le pouvoir de faire qui est basé sur les qualités, les con- naissances et la conviction. Une analyse du pouvoir doit inclure une analyse des États.
D'après Gustav Landauer, "l'État est une condition, un mode de relation et de comportement entre êtres humains ; il se détruit en construisant d'autres relations et en se comportant différemment." C'est encore plus important pour les antimilitaristEs. Landauer l'écrit sans mâcher ses mots : "La guerre est un acte de pouvoir, de meurtre, de vol. c'est l'expression vitale la plus claire et la plus tranchante de l'État. La lutte contre la guerre est une lutte contre l'État ; quiconque se trouve impliqué dans la politique d'État, même du point de vue révolutionnaire, prend parti pour la guerre."
La charte des principes du forum social mondial est ouverte aux perspectives antimilitaristes, mais une telle perspective n'y est pas encore incluse. L'appel de Bamako est exempt de toute perspective antimilitariste et prend donc la mauvaise direction.
Le mouvement altermondialiste, le mouvement radical gays et lesbiens, le mouvement féministe, le mouvement anarchiste sont quelques-unes unes des instances avec lesquelles il reste possible d'explorer pour construire de nouvelles relations, où l'objectif est de passer outre la violence tant structurelle que culturelle. Les groupes affinitaires, les groupes communautaires, l'action directe non-violente mais aussi le développement d'alternatives - les squats, les coopératives alimentaires, les solutions alternatives de logement, etc. - forment des espaces pour créer d'autres relations, pour se comporter différemment, non pas dans le but de faire partie de l'État, mais pour dissoudre cette forme d'organisation humaine qui est basée sur la violence (structurelle s'entend), et qui crée de la violence au sein de la société et dans le monde.
Ce faisant, nous "augmenterons la capacité de la résistance sociale nonviolente face au processus de déshumanisation", comme le Forum social mondial tend à le faire, et nous apprenons à pratiquer "la vraie démocratie, la démocratie participative, des relations pacifiques dans l'égalité et la solidarité, entre les peuples, les ethnies, les sexes et les personnes, et la condamnation de toutes les formes de domi- nation ou de sujétion d'une personne à une autre."
Dans sa déclaration de 1990, l'IRG indique : "Il peut y avoir des moments où la nonviolence semble avoir échoué. Cependant, nous ne sommes convaincus que si la nonviolence active entraîne la répression, la lutte armée apportera le prétexte pour une répression plus féroce encore. Si la nonviolence active ne peut amener le changement de suite, aucune autre forme de résistance populaire ne donnera la victoire à court terme. Un nouveau cadre stratégique sera nécessaire, fondé sur la con- struction de la confiance et de la cohésion de la population par le biais d'agissements ancrés localement dans les communautés."
Nous sommes convaincuEs qu'une perspective incluant la nonviolence et l'antimilitarisme est cruciale pour tous les mouvements sociaux engagés dans le processus du forum social.
Andreas Speck
[1] http://www.forumsocialmundial.org.br/main.php?id_menu=4&cd_language=3
[2] http://www.openspaceforum.net/twiki/tiki-read_article.php?articleId=66
[3] http://wri-irg.org/statemnt/libstrug.htm
[4] http://www.ipsterraviva.net/TV/WSF2005/viewstory.asp?idnews=170
[5] Gustav Landauer, For Socialism. St Louis, Missouri, 1978 (en allemagne: Berlin 1911)
[6] http://wri-irg.org/statemnt/libstrug.htm
"Morceaux choisis" compilé par Matt Meyer
Pour les partisanNEs de la nonviolence révolutionnaire - l'engagement en réseaux pour des changements sociaux radicaux avec les stratégies et les tactiques de la "force spirituelle" sans arme - les luttes historiques et contemporaines à travers le continent africain apportent des exemples variés d'une grande espérance.
Depuis les premiers mouvements panafricains, quand le leader ghanéen Kwame Nkrumah était décrit comme le Gandhi africain, aux succès du mouvement contre l'apartheid, aux groupes de femmes qui encouragent actuellement au dialogue et à la résolution des conflits, le continent abusivement appelé "noir" il y a un siècle et populairement considéré de nos jours comme se limitant à un continent déchiré par la guerre délivre plus d'exemples d'action positives et pacifistes que la plupart des régions du monde. Dans Seeds of New Hope: Pan African Peace Studies for the Twenty-First Century (Graines d'un nouvel espoir_: étude pour une paix panafricaine au XXIe siècle, 2008, publié par J. Atiri & M. Meyer, plus d'infos sur www.africaworldpressbooks.com), des chercheurs et chercheuses et des militantEs se sont unis pour documenter et discuter ce mouvement bourgeonnant. Vous trouverez ci-dessous des extraits d'une sélection d'essais qui comprend aussi le travail de membres de l'IRG, tels Jorgen Johannsen, Chesterfield Samba, Jan Van Criekinge, Koussetogue Koude, Marianne Ballé Moudoubou, de même que Silvia Federici, Yash Tandon, Bernadette Muthien de l'IPRA (Association internationale de recherche sur la paix), Rais Neza Boneza du réseau Transcend, Joseph Sebarenzi et Elavie Ndura.
Mon espoir et mes attentes sont qu'une fois encore le mouvement des peuples fleurisse. Ce n'est qu'ainsi que nous parviendrons à atteindre une démocratie réellement tournée vers les gens.
À l'époque des mouvements de libération nationale, l'espoir était assurément de mise, mais étaient aussi présents les germes des violences à venir, les leaders s'appuyant trop fortement sur les mêmes méthodes et tactiques que celles employées par les puissances coloniales. Aujourd'hui, beaucoups de conflits subsistent. N'empêche qu'ici et là au gré de discussions avec les militantEs de terrain, avec des professeurEs et des alter-économistEs lors de conférences, et dans les présentations que contient ce volume, on perçoit les germes d'un nouvel espoir. Mes espérances personnelles quant à l'Afrique sont aujourd'hui la croyance dans le dépassement des limites qui se dressent dès lors que les genTEs sont séduitEs par le pouvoir.
Les africaines sont les pionnières en matière d'initiatives de paix, mélangeant de manière innovante les dernières théories et recherches relatives à la résolution nonviolente des conflits avec les mécanismes traditionnels de résolution des conflits. Elles réinterprètent ces derniers en adaptant les traditions aux problématiques contemporaines et en élargissant le rôle des femmes. Les femmes africaines endossent différents rôles_: victimes, actrices et meneuses en ce qui concerne la prévention ou la cessation des conflits et les soins aux blessures causées par le conflit. Les initiatives de paix des africaines vont de la mise en place d'un dialogue entre factions ennemies, comme les réseaux clandestins créés par les femmes entre le nord et le sud du Soudan_; à la mobilisation de pans entiers de communautés pour prévenir les violences, comme le font les femmes du Wajir Peace Group au nord du Kenya_; à l'identification des nouveaux défis pour la paix, comme le travail sur la guerre et la contamination par le virus du SIDA, pris en charge par Femmes Africa Solidarité ; à la réintégration des enfants soldats dans la société civile comme y parviennent les femmes de Jamii Ya Kupatanisha à Gulu (Ouganda). Elles soignent les blessures causées par la guerre à l'instar de Pro Femmes/Twese Hamwe au Rwanda, qui tentent de construire des communautés de paix où des veuves et orphelinEs Hutus comme Tutsis montrent l'exemple en vivant ensemble. Ce faisant, les africaines réinterprètent la tradition et élargissent la sphère publique occupée par les femmes.
Après la guerre entre l'Érythrée et l'Éthiopie de 1998 à 2000, qui a tué par dizaine de milliers de chaque côté, mutilé et défiguré de nombreux jeunes, déplacé des milliers de civils et dévoré le budget national, le nombre des objecteurs de conscience s'est accru. Actuellement des milliers d'Érythréens refusent le service militaire. Ils doivent s'exiler. Une grande partie se trouve en Libye, Éthiopie, Soudan ou dans différentes régions d'Europe pour demander l'asile politique. En Érythrée, l'objection de conscience reste tabou. Les objecteurs de conscience sont considérés comme des lâches manquant de patriotisme. Il n'y a pas de service de substitution. La désertion peut être condamnée jusqu'à cinq années de prison, la sanction en tant de guerre pouvant être la peine de mort. De par sa nature militaire, le gouvernement ne tolère pas les ONG indépendantes, les organisations défendant les droits de l'homme, les missions internationales d'observation, ni les journalistes... Mais nous observons que le refus du service militaire trace un chemin pour la paix. Nous avons besoin de la démocratie et de l'autorité de la loi. La population érythréenne subit une crise politique, sociale et économique. Nous avons un besoin urgent d'un environnement politique démocratique en bonne santé, d'un gouvernement élu constitutionnellement et d'un système politique multipartite. La nécessité de libérer tous les prisonniers et prisonnières politiques ainsi que les objecteurs de conscience est aussi une urgence. Les idées et les enseignements de l'objection de conscience sont pacifistes par nature. Ils se fondent sur l'humanité et la moralité. Nous croyons qu'ils peuvent faire face à la propagande décevante et confondante de l'unité nationale et de la souveraineté nationale, lesquelles sont dévastatrices et relèvent toujours de la provocation.
Si, par hasard, les personnes venues en Afrique avaient partagé équitablement les ressources, peut-être n'aurions-nous jamais subi les conflits que nous connaissons. Mais ce ne fut pas le cas. Où que ce soit en ce monde, nous pourrions jouir de la paix à condition d'apprendre à partager les ressources équitablement.
Sans apprendre à respecter les droits fondamentaux d'autrui - ceux des femmes, ceux liés à l'environnement - nous ne connaîtrons pas la paix. Nous devons même aller au-delà, et dire que d'autres que nous, l'espèce humaine, vivent sur cette planète. Ces autres espèces existent et ont aussi le droit d'être respectées. Seulement alors, nous pourrons commencer à vivre en paix.
Après des décennies de colonisation, de dictature et de guerre, la République Démocratique du Congo a fait prêter serment à un président, Joseph Kabila, élu lors d'un scrutin libre et équitable pour la première fois depuis l'indépendance de l'ancienne colonie belge, en 1960.
La guerre civile et internationale qui a duré six ans, pendant laquelle sont mortEs plus de quatre millions de personnes tandis que deux autres millions ont été déplacéEs, s'est peut-être officiellement terminée mais l'agonie perdure. Chaque jour apporte au Congo son lot d'atrocités liées au conflit (où le viol est largement utilisé comme une arme par toutes les parties en présence) de famine, de pauvreté et de maladies avec plus de 1 200 victimes. Ce conflit est assurément l'une des tragédies les plus sous-médiatisés de notre génération. C'est pourtant l'une des plus meurtrières depuis la seconde guerre mondiale. Des décennies acharnées de violences, de pauvreté et de maladies ont créé ce que les Nations-Unies ont appelé le plus grand défi humanitaire auquel le monde doit aujourd'hui faire face.
Le Congo a une longue histoire de pillages et de profits sur la guerre. Extrêmement riche en cobalt, diamants, cuivre, or et en autres minéraux rares, le Congo n'a attiré l'intérêt des puissances impérialistes européennes qu'à la fin du XIXe siècle. Au cours de la Conférence de Berlin (1884-1885), le roi de Belgique de l'époque, Léopold II, qui revendiquait ce vaste territoire a obtenu gain de cause. En son nom, le roi a créé le mal nommé "État Libre du Congo" qui a vite vu démarrer une exploitation brutale de son bois, de son ivoire et de son caoutchouc naturel. On pense que près de la moitié de la population a disparu du Bassin du Congo entre 1880 et 1920 en conséquence directe ou indirecte de ce pillage colonial impitoyable.
Le Congo a obtenu son indépendance vis à vis de la Belgique le 30 juin 1960, sous la présidence de Kasavubu, alors que Patrice Lumumba en était le Premier ministre charismatique et populaire. A suivi une période de grande instabilité avec des interventions militaires étrangères y compris émanant des Nations-Unies. Les provinces du Katanga et du Sud Kasaï, riches en minéraux, ont bientôt déclaré leur indépendance avec l'appui des entreprises coloniales et de mercenaires. En 1965, ce fut finalement le second coup d'état du colonel Joseph Mobutu qui a marqué le début d'un règne de 32 ans d'un dictateur soutenu par les puissances occidentales. Il a changé son nom pour Mobutu Sese Seko et celui de son pays pour le Zaïre. Mobutu et sa cour ont pillé les richesses de la nation si intensément que le système corrompu est devenu célèbre sous le nom de "kleptocratie". Ce système s'est effondré en mai 1997 quand le rebelle de toute une vie, Laurent-Désiré Kabila, père de Joseph, a poussé vers la sortie un Mobutu au stade terminal de la maladie.
L-D "Mzee" Kabila n'a pu conquérir le pouvoir au Congo qu'avec un soutien militaire massif du Rwanda et de l'Ouganda, ainsi que l'utilisation d'enfants soldats. En août 1998, le Rwanda et l'Ouganda ont appuyé une rébellion contre le gouvernement faible et corrompu de L-D Kabila, une guerre surnommée "première guerre mondiale africaine" à cause des nombreuses similitudes avec l'Europe de 1914-1918 : presque tous les pays de la région et de nombreux groupes armés ne dépendant pas de l'État venant du Congo mais aussi de toute la région des Grands Lacs (Ouganda, Rwanda, Burundi, Soudan). Des troupes principalement en provenance du Zimbabwe, de Namibie, du Tchad et d'Angola ont assuré la survie du régime de Kabila, quand l'Ouganda de Museveni et le Rwanda de Kagame étaient les principaux soutiens de la rébellion. Le Rwanda a justifié son intervention au Congo-RDC oriental par les risques qu'entraînaient pour sa propre sécurité les rebelles Interahamwe basés dans cette région. Mais il y avait aussi de très importantes motivations économiques derrière les actions du Rwanda et de l'Ouganda.
En janvier 2001, L-D Kabila était assassiné par ses gardes du corps, dans des circonstances toujours non-élucidées, laissant le pouvoir à son fils.
La guerre a eu des effets destructeurs sur des structures politiques déjà malmenées, avec en particulier, la division de fait du pays entre les parties occidentale et méridionale contrôlées par le gouvernement de Kabila ou ses alliés, et de vastes territoires qui, au Nord et à l'Est, sont contrôlés par différentes factions et milices rebelles ou armées des pays frontaliers. Les combats et les luttes pour le pouvoir quant au contrôle des ressources minérales dans les territoires tenus par les rebelles ont causé une catastrophe humanitaire. Près de 90 % des victimes de la guerre sont des civilEs, la plupart victimEs de la famine, de la violence criminelle et des maladies qui résultent d'une absence totale d'ordre public. Le viol a largement été utilisé comme une arme dans cette guerre.
Malgré un accord de paix signé en décembre 2002 sous l'égide de l'Afrique du Sud, lequel a prétendument mis fin à la guerre conventionnelle, les combats continuent dans l'Est du pays entre les milices rebelles, l'armée congolaise et les casques bleus de la MONUC, causant de nombreuses victimes civiles.
Depuis la mise en place d'un gouvernement de transition en juin 2003, des groupes armées en lien avec les pays voisins et des officiels du gouvernement congolais corrompu ont poursuivi une exploitation économique illicite du pays. Une mission de recherche de trois ans conduite par un panel d'experts mandaté par le conseil de sécurité de l'ONU en 2000, a découvert que les réseaux sophistiqués de personnalités économiques, militaires et politiques en collusion avec différentes factions rebelles alimentaient le conflit de manière intentionnelle pour garder leur main mise sur les ressources naturelles du pays. Dans une série de rapports contradictoires le panel a mis à jour le cercle vicieux du conflit pour les ressources naturelles qui s'est emparé du Congo.
"Il y a un intérêt partout dans le monde pour que les mécanismes actuels du pillage restent en place. Le nombre de gens à siphonner les ressources du Congo est énorme. [...] L'élite du gouvernement congolais, toutes sortes de compagnies européennes ou nord-américaines, une quantité importante de sociétés africaines, et particulièrement les élites des pays voisins. C'est un réseau très vaste et complexe qui profite de la guerre et de son exploitation".
Dans son rapport de 2002, le Panel a aussi accusé des douzaines d'entreprises occidentales de violer une série de critères internationaux soutenus par les gouvernements pour un commerce responsable, connus sous le nom de "Principes directeurs à l'intention des entreprises multinationales". Un rapport d'avril 2004 de RAID "Droits et responsabilité en matière de développement", association britannique travaillant à une cohésion entre commerce équitable, développement durable et droits de l'homme, a examiné les allégations du Panel de l'ONU envers 40 entreprises et a ajouté des preuves supplémentaires démontrant l'implication de ces sociétés dans des violations des droits de l'homme, dans la corruption et/ou dans l'exploitation illégale des ressources. La plupart des gouvernements de l'OCDE a refusé d'instruire les allégations du Panel. Face à cette inaction, des ONG internationales ont commencé la rédaction de plaintes ainsi que des campagnes pour alerter le public intitulées "Pas de sang sur mon portable", à propos du pillage du coltan, un minerai très rare. Une douzaine de plaintes contre des violations des "Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales" a été présentée aux gouvernements américains, belges, britanniques et hollandais.
"Le gouvernement du Congo RDC doit agir rapidement selon les recommandations de la mission parlementaire congolaise qui a mis en évidence l'exploitation illicite des ressources naturelles et le profit tiré du conflit armé", a indiqué, en juillet 2006, une coalition d'organisations d'aide humanitaire, de défense de l'environnement ou des droits de l'homme.
En juin 2005, la commission Lutundula, une commission spéciale de l'Assemblée nationale congolaise menée par Christophe Lutundula, un parlementaire courageux, a soumis un rapport de ses investigations relatives aux contrats miniers et d'autres secteurs que les rebelles et les autorités gouvernementales avaient signés entre 1996 et 2003. La commission a découvert que des douzaines de contrats étaient illégaux ou de faible apport pour le développement du pays. Le rapport recommande de rompre ou de renégocier ces contrats. Il recommande en plus une action judiciaire à l'encontre de plusieurs acteurs politiques et économiques de premier plan impliqués dans ces opérations. "Pendant des années, des politiciens congolais ont conclu des affaires qui les ont enrichis sans que le public, au Congo, n'en bénéficie. Les bénéfices de ce commerce ont souvent été engrangés au prix de souffrances énormes et de la perte de vies humaines", ajoute la coalition des ONG.
Le rapport de la commission Lutundula attire l'attention sur la poursuite de l'exploitation illicite des ressources et recommande un moratoire immédiat sur les nouveaux contrats en attente des élections. Pendant que la commission instruisait ses recherches, des membres ont été menacés et ils ont rencontré des difficultés pour obtenir des réponses des chefs d'entreprises, des politiques et des hauts fonctionnaires. Des hauts fonctionnaires des Nations-Unies et du Sénat belge, qui avaient effectué des recherches sur l'extraction des ressources naturelles au Congo entre 2000 et 2003, ont refusé de communiquer d'importantes informations relatives à des échanges illicites, invoquant des problèmes de confidentialité.
Dans son rapport, la commission corrobore les principales découvertes du Panel des experts de l'ONU et d'autres recherches qui ont conclu que les belligérants étaient motivés par leur désir d'exploiter la richesse économique et minérale du Congo. Les belligérants ont utilisé certains de leurs bénéfices pour financer de nouvelles opérations militaires, qui signifiaient souvent répandre les abus des droits fondamentaux de civilEs et les violations du droit humanitaire international.
"Le message envoyé par la guerre et la transition au Congo est que la violence fonctionne. Sans une réponse adaptée, les effets destructeurs de cette leçon risquent de se faire sentir pour longtemps encore", explique Timothy Raeymaekers, membre de l'unité de recherche sur les conflits de l'université de Gand. Cet auteur voit dans la remise en cause de l'exploitation systématique des ressources du Congo par une petite mais puissante élite, des opportunités d'améliorer les conditions de vie de la population congolaise. L'unité de recherche propose des mesures concrètes quant à une réforme agraire, quant au secteur minier et quant à l'intégration économique. Le pillage via l'extraction illicite par des proches du gouvernement et par les milices rebelles se monte à des milliards annuels. "Cet argent doit être utilisé au profit de la population congolaise".
Jan van Criekinge
La version complète de cet article avec ses sources a été publiée dans le bulletin électronique de l'IRG Contre les profiteurs de guerre de décembre 2006, disponible sur http://wri-irg.org/pubs/warprof-0612.htm
Des milliers de jeunes hommes et femmes ont fui l'Érythrée et demandé l'asile dans des pays voisins comme le Soudan, la Libye, l'Éthiopie ou en Europe et aux États-Unis. Ce phénomène a surtout pris de l'ampleur après la guerre qui a opposé l'Érythrée à l'Éthiopie entre 1998 et 2000 avec les actes flagrants de répression par le gouvernement en place en Érythrée.
Cet exil massif est un des moyens pour les jeunes hommes et femmes de tenter d'échapper à la conscription ou de donner suite à une désertion de l'armée. Le service national, obligatoire pour les hommes comme les femmes âgéEs de 18 à 40 ans, a vu sa durée de 18 mois telle qu'instituée par la législation en 1994 se prolonger indéfiniment. Outre les outrageantes violations des droits fondamentaux des appeléEs au service national, la conscription consiste en un service militaire et en travaux effectués pour des chantiers de construction en lien avec l'armée.
Le droit à l'objection de conscience au service militaire n'est pas reconnu par les autorités érythréennes. Des rafles sont fréquemment organisées pour enrôler les insoumis et déserteurs. Une fois entre les mains de l'armée, les déserteurs risquent la détention arbitraire indéfinie, la torture, les mauvais traitements et sont même parfois abattus par leurs chefs. Ce sont les méthodes régulièrement utilisées par la Force de défense érythréenne pour punir l'insoumission, la désertion ou autres infractions militaires. Cependant, aucune de ces mesures n'a découragé ces hommes et femmes pour éviter l'armée ou en déserter.
La dernière disposition mise en place par le gouvernement consiste à prendre en otage les parents des déserteurs et insoumis pour les obliger à verser de l'argent. Pour un gouvernement qui dépend principalement des rentrées de fonds pour garder une devise forte, de telles mesures semblent lucratives. Cependant, la dure réalité est différente. La plupart des réfractairEs n'ont aucune chance d'atteindre les pays à partir desquels ils pourraient renvoyer l'argent de la rançon qui permettrait de relâcher leurs proches détenus. La majorité des réfractaireEs restent dans les pays voisins comme le Soudan ou l'Éthiopie, coincéEs dans des camps de réfugiés. Leurs moyens d'existence dépendent des organisations humanitaires internationales et des organismes d'aide aux réfugiés.
Selon le bulletin n° 329 d'Amnesty International, en décembre 2006, le gouvernement érythréen a arrêté plus de 500 prochEs, la plupart parentEs, de jeunes hommes et femmes ayant déserté l'armée ou évité la conscription. Les personnes arrêtées étaient les pères, les mères ou autres proches d'hommes ou de femmes de plus de dix-huit ans qui ne s'étaient pas présentés au service national depuis 1994, qui n'avaient pas assisté à la dernière année d'étude obligatoire au camp d'entraînement militaire de Sawa, qui avaient quitté leur unité militaire ou qui avait quitté le pays illégalement. Leurs proches avaient été accusés d'avoir facilité leur insoumission, leur désertion ou leur départ du pays.
La dernière vague d'arrestations a débuté le 6 décembre 2006 dans les villages du Centre, autour d'Asmara, la capitale. Depuis qu'il a instauré sa politique visant à arrêter les parents pour les délits présumés de leurs enfants, le gouvernement s'est appuyé sur les rapports de l'administration régionale (les Zobas) pour mener ses incursions.
Aucune des personnes interpellées n'a été officiellement inculpée, ni présentée devant un tribunal dans les 48 heures, comme le prévoient la Constitution et la législation érythréennes. Les autorités ont déclaré que les détenuEs devaient faire venir les conscrits manquants à l'appel ou s'acquitter d'une amende de 50_000 nafkas pour chaque enfant manquant à l'appel. Si ils ou elles refusent de coopérer ou de verser l'argent, ils et elles risquent des peines de prison indéterminées. Certaines familles peuvent être contraintes à payer pour deux ou trois de leurs enfants.
En juillet 2005, de la même manière, plusieurs centaines de proches de réfractairEs au service militaire avaient été arrêtés dans la région Sud. Ils et elles ont été emprisonnéEs, sans aucun lien avec le monde extérieur, la plupart dans de terribles conditions, risquant tortures et autres mauvais traitements.
L'initiative antimilitariste érythréenne dénonce l'arrestation illégale des parents des réfractaires au service militaire. Notre initiative considère que le principe de responsabilité pénale individuelle, selon lequel nul n'est passible de sanctions pour un acte dont il n'est pas personnellement responsable, est un principe fondamental du droit repris dans le droit international relatif aux droits de l'homme. Ces arrestations de proches violent ce principe, et plus particulièrement les droits à la liberté individuelle et à la sécurité, ainsi que celui en vertu duquel nul ne peut être arbitrairement arrêté ou détenu, tels que consacrés par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et par la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, dont l'Érythrée est État parti.
Abraham G. Mehreteab
Initiative antimilitariste érythréenne
Mühlgasse 13, 60486 Frankfurt/Main, Allemagne Site internet : www.eritrean-ai.com
L'économie est un des principaux pilleurs qui soutient la guerre et la militarisation. C'est en temps de guerre que les entreprises de la "défense" tirent leurs bénéfices les plus mortels. C'est devenu une évidence en Afrique, où les gouvernements prônant la paix dans la région, facilitent dans un même temps le commerce des armes légères et l'exploitation des ressources naturelles.
Le trafic des armes légères est un risque majeur pour la sécurité des populations partout en Afrique centrale et orientale, encourageant la criminalité tout en alimentant et prolongeant le conflit. Les armes légères et de petit calibre telles les fusils d'assaut sont particulièrement adaptés aux combats «contraires aux règles_», qui sont encore légion dans la région, en raison de leur côté bon marché, facile d'utilisation, largement disponible et fiable. Les armes blanches comme les machettes ont aussi été largement utilisées au Rwanda et au Burundi.
Des millions de personnes sont mortes dans la région et l'approvisionnement en armes continue de croître tant vers les gouvernements que vers les forces rebelles.
En 2000, dix pays ont signé la Déclaration de Nairobi sur le problème de la prolifération des armes légères et de petit calibre. Le Comité des chefs de police de l'Afrique de l'Est a été créé en 2002. Ce comité a mis en place un programme d'enregistrement et de classification des armes à feu. Cependant, l'instabilité perpétuelle reste un défi majeur pour ces initiatives comme pour d'autres.
Les trois plus importants exportateurs, en valeur, d'armes légères étaient en 2006 : les États-Unis d'Amérique, la Russie et la Chine, avec respectivement 533_000000, 130_000_000 et 100000_000 $ (un peu moins d'euros).
La campagne Control Arms estime que plus de 600 millions d'armes légères sont en circulation et qu'au moins 1_135 entreprises basées dans plus de 98 pays différents produisent ces armes légères, les différents éléments qui les composent et les munitions. Au niveau mondial, une moyenne de 500_000 personnes meure à cause des armes légères chaque année.
L'exploitation des ressources naturelles et particulièrement des minéraux en Afrique est aussi une manière de profiter de la guerre. Dans de nombreux cas, cette exploitation entraîne des déplacements de populations, et alimente des conflits locaux comme ce fut le cas au Congo-RDC.
L'Internationale des RésistantEs à la Guerre développe une initiative mondiale contre les profiteurs de guerre avec l'objectif de coordonner et soutenir des campagnes locales au niveau international.
Depuis la création de l'Internationale des RésistantEs à la Guerre (IRG) en 1921, le droit au refus de tuer - l'objection de conscience - est au cœur de notre travail.
Bien que ce droit soit aujourd'hui reconnu en tant que norme internationale, il n'est que trop rarement accordé en pratique, ceux et celles se réclament de l'objection de conscience étant souvent envoyé en prison, voire pire (lire par exemple l'article sur l'Érythrée dans ce Fusil Brisé).
L'IRG soutient les objecteurs et objectrices de conscience quel que soit l'endroit où ils se trouvent. L'axe principal de ce travail consiste à aider les groupes et mouvements d'objecteurs et objectrices dans leur lutte pour la reconnaissance de leur droit. La journée internationale des objecteurs et objectrices de conscience, qui a lieu le 15 mai, sert chaque année à mettre sous les projecteurs une lutte particulière. En 2007, ce sera celle des objecteurs de conscience en Colombie.
De plus, l'Internationale des RésistantEs à la Guerre maintient un système d'alerte par bulletin électronique ("urgences-objos") en cas d'emprisonnement ou d'arrestation d'objecteurs ou d'objectrices de conscience. La solidarité internationale et les protestations auprès des autorités peuvent aider à protéger un ou une emprisonnéE, et même, parfois, faciliter sa libération.
Le travail de l'IRG pour le droit à l'objection de conscience se fait en lien étroit avec notre vision antimilitariste_: combattre la guerre et ses causes. Pour nous, l'objection de conscience ne se limite pas à l'exemption du service militaire pour des individuEs mais est partie prenante de la cause antimilitariste pour la suppression de la guerre et de la militarisation. Ainsi, le droit à l'objection de conscience est un outil et non une fin en soi.
Le programme de l'IRG pour le droit au refus de tuer publie un bulletin électronique mensuel en anglais, français et espagnol, avec des mises à jour relative à l'objection de conscience et au service militaire. Pour plus d'information, merci de vous référer à http://wri-irg.org/co/rrk-en.htm (en anglais) !
Pour toute question, contacter le bureau de l'IRG via_: info@wri-irg.org
Le Fusil Brisé est le bulletin d'information de l'Internationale des RésistantEs à la Guerre. Il est publié en anglais, espagnol, français et allemand. Ceci est le numéro 73 de février 2007.
Ce numéro est le fruit du travail d'Andreas Speck. Tous nos remerciements à touTEs celleux qui ont fourni les infos utilisées dans ce numéro. Pour vous procurer d'autres copies de ce Fusil Brisé, merci de contacter le bureau de l'IRG ou téléchargez-le de notre site internet.
Internationale des RésistantEs à la Guerre
5 Caledonian Rd, Londres N1 9DX, Grande Bretagne
Tél:+ 44 20 7278 4040
Fax:+ 44 20 7278 0444
infotwri-irg.org
http://wri-irg.org/pubs/br73-fr.htm