
Accueil > Publications > le fusil brisé > No.70, mai 2006 > version PDF
Stephen Funk est un des premiers à avoir été emprisonné pour son objection de conscience à la guerre en Irak. Il a fait six mois en 2003. Il fait part de son expérience au Fusil Brisé.
J'ai rejoint l'unité des Marines américains à l'âge de 19 ans. J'étais en quête d'aventures, de motivations et d'intégration. Je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait. Dès les classes, lorsque je dus être violent et crier constamment "tue, tue, tue !", et tirer sur des cibles à forme humaine et poignarder des sacs de sable représentant eux aussi des humains, je sus avoir commis une grave erreur en m'engageant dans l'armée. Malheureusement, comme la plupart des signataires d'un engagement militaire, je ne m'étais pas posé les questions que ne poseront jamais les recruteurs. Pourquoi la guerre existe-elle ? Peut-on justifier la guerre ? Serais-je à même de tuer un autre être humain ?
Au moment où j'ai su être un objecteur de conscience, je ne savais pas quels droits étaient les miens pour agir selon ma conscience. L'endoctrinement militaire nous conduit à penser que nos propres convictions sont insignifiantes et égoïstes et qu'aucune recrue n'a le pouvoir ni le droit d'agir comme individu. Quand en entraînement au tir, il m'est arrivé d'obtenir le rang de tireur d'élite, mon instructeur m'a fait observé que je n'aurais pas fait un si bon "score" en situation réelle plutôt que de me féliciter. Cela me mit d'abord en colère, après avoir si bien réussi ce qui était demandé mais j'ai ensuite réfléchi à ce qu'il m'a dit et j'ai réalisé qu'il avait raison. Je le lui ai dit, que je n'aurais pas réalisé un si bon "score" en situation réelle car je pensais qu'il était mal de tuer. Bien que cela puisse paraître insignifiant, exprimer tout haut le pacifisme que j'avais refoulé tout au long de mon entraînement eut un effet extraordinaire. C'était comme une bouffée d'air frais après avoir passé tout ce temps en apnée.
Fin 2002, j'habitais à San Francisco et consacrais un week-end par mois aux marines comme réserviste. Je passais le reste du temps à arpenter les rues contre la guerre en Irak et à préparer ma demande de statut d'objecteur de conscience. Avec le soutien d'autres militants, j'ai organisé une conférence de presse en avril 2003 afin de me déclarer publiquement objecteur de conscience. Je fus ainsi parmi les premiers demandeurs du statut d'objecteur de conscience de cette guerre et le tout premier à exprimer publiquement ses convictions. S'exprimer publiquement était ce qui fallait faire, et cela me fut possible grâce à l'appui de la communauté pacifiste.
Toujours avec ce soutien permanent, j'ai débuté une campagne publique pour que les autres appelés sachent qu'ils ont le droit et le devoir de désobéir à tout ordre illégal ou immoral. L'armée a voulu me faire taire et faire de moi un exemple. Je fus ainsi traduit devant une cour martiale militaire. Je fus condamné à six mois d'emprisonnement, à la perte de mon grade et au renvoi de l'armée pour mauvaise conduite.
Je me rendis à la prison militaire fier de ce que j'avais accompli mais triste d'être incarcéré pour avoir promu la paix. Pendant mon incarcération, le mouvement anti-guerre a poursuivi sa route sans moi, mais j'ai continué de recevoir du courrier de personnes ayant eu connaissance de mon histoire. J'ai reçu des milliers de lettres envoyées par des gens qui, partout dans le monde, soutenait mon acte de résistance pacifique. Ce soutien permanent a beaucoup signifié pour moi, il signifiait que je n'étais pas en prison pour rien, et que d'autres étaient dehors, travaillant à un monde en paix.
Depuis ma libération en 2004, je continue à travailler pour la paix et la justice. Je participe à plusieurs organisation dont Iraq Vétérans Agayon thé Ward -les Anciens d'Irak contre la Guerre-, Vétérans for Pache -les Anciens Combattants pour la Paix- et Vets4vets -Anciens Combattants. J'ai rejoint l'université de Stanford à l'automne dernier où j'ai obtenu mon diplôme en Relations Internationales.
Le 15 mai est la Journée Internationale de l'Objection de Conscience. C'est le moment pour célébrer les victoires obtenues par les objecteurs et objectrices, telle la libération de Mehmet Tarhan en Turquie. C'est aussi le moment de renouveler notre soutien à ceux et celles qui continuent leur lutte pour la paix. Tout récemment le lieutenant d'escadrille Dr Malcolm Kendall-Smith a été emprisonné pour refus d'obéissance. Aux USA, Kevin Benderman purge une peine de prison et l'armée menace de poursuivre Katherine Jashinsky pour son refus public. Ces hommes et ces femmes, et bien d'autres qui sont réprimés dans leur recherche de la paix, méritent et nécessitent notre soutien.
Paix,
Stephen Funk
Le 15 mai est la journée internationale de l'objection de conscience et l'Internationale des Résistant-e-s à la Guerre se concentre sur les américains résistant à la guerre: Des Gi's demandant le statut d'objecteur, abandonnant leur poste et trouvant d'autres moyens d'être libérés de l'armée US, et le soutien à leur apporter.
La guerre qui se poursuit en Irak entraîne un mécontentement croissant chez les soldats, plus particulièrement au sein des forces américaines qui forment le principal contingent étranger en Irak. Ceux qui demande le statut d'objecteur de conscience ou désertent ne sont que la partie visible de l'iceberg. La politique du 'stop-loss' de l'armée américaine qui consiste à maintenir les soldats en poste après la fin de leur engagement n'est pas seulement une réaction au mouvement anti-recrutement en expansion mais aussi une parade au manque de volonté des soldats de renouveler leurs contrats. Quoi qu'il en soit, cette politique ne fait que renforcer le mécontentement.
Il est important pour les militants anti-guerre de créer des liens avec les soldats qui s'opposent à la guerre et qui veulent quitter l'armée. Le mouvement anti-guerre américain le comprend mieux que beaucoup d'autres mouvements anti-guerre, tel les européens. Se concentrer sur la résistance des soldats à l'intérieur -pour en sortir- apporte donc aussi l'opportunité d'apprendre de l'expérience américaine pour mettre en place des structures de soutien aux soldats objecteurs de conscience dans les autres pays.
Andreas Speck
Salarié de l'IRG
L'Internationale des Résistant-e-s à la Guerre a présenté un rapport au Comité des Droits de l'Homme des Nations Unis en mars 2006, mettant en lumière « les problématiques de conscience et de Droits de l'Homme » liées aux forces armées américaines. Ce rapport fait partie des actions de l'IRG en amont du 15 mai 2006 consacré aux objos américains.
Les principales préoccupation des l'IRG sont :
Le rapport est disponible en anglais et en espagnol sur le site de l'IRG, respectivement http://wri-irg.org/news/2006/usa0603-en.htm et http://wri-irg.org/news/2006/usa0603-es.htm.
Par Kevin Ramirez et Steve Morse.
2005 a été une année pivot pour les opposants au recrutement, puisque l'Armée de terre, la Garde nationale de l'Armée de terre, la Réserve de l'Armée de terre, la réserve de la Marine et la Garde nationale de l'Air, ont manqué leurs objectifs de recrutement de plusieurs milliers de personnes. C'est donc certainement la plus mauvaise année de recrutement depuis 1979.
L'année dernière a aussi montré une explosion de l'intérêt et de l'adhésion au mouvement pour la fin de la guerre en Irak, plus particulièrement parmi ceux qui sont le plus exposés au risque d'être recrutés pour cette guerre_: les jeunes Américains de 18 à 25 ans. Malgré le barrage des jeux vidéo promouvant la guerre, de la mode, de la musique, de la culture populaire dirigés vers la jeunesse, les jeunes adultes ne peuvent pas ignorer les informations quotidiennes concernant leurs pareils mourant à la guerre. Ceci les oblige à se mettre dans les bottes de combat de leurs pareils et à s'étonner "_est-ce que je m'engagerai un jour pour ça_?_". La réponse grandissante parmi les lycéens et les étudiants semble être un "_Non_!_" retentissant.
La cohésion de notre mouvement a été mise à l'épreuve l'an dernier de plusieurs manières. Des parents et d'autres adultes comme des anciens combattants, des éducateurs et des militants ont travaillé pendant des années pour démilitariser les lycées_; ils ont organisé la "_Semaine du désistement_" à propos de la loi "_Aucun enfant laissé en arrière_" (ce texte est la loi Bush pour l'éducation, et contient un paragraphe qui demande aux districts scolaires de mettre à la disposition des recruteurs militaires les coordonnées des étudiants, sauf si ceux-ci ou leurs parents expriment leur désistement par écrit) et ont dirigé leur pression vers les directions d'écoles pour qu'elles adoptent des politiques qui restreignent le recrutement et plaident pour plus de "_vérité_" dans les arguments employés. Des changements dans la politique des lycées vis-à-vis des recruteurs militaires ont eu lieu dans des états comme le Main, le Maryland, l'Ohio. De même, la lutte pour faire sortir les unités JROTC des lycées a suscité plus d'intérêt alors que la guerre en Irak s'éternisait, que de plus en plus de cadets du JROTC reviennent d'Irak dans des cercueils, et de plus en plus de gens réalisent le lien entre le JROTC et le recrutement militaire.
Dans les campus, l'opposition au recrutement diffère significativement du modèle des lycées. Elle est principalement centrée sur l'organisation d'actions et de protestations contre les visites de recruteurs dans les universités, la formation et le recrutement ROTC, et l'organisation de l'opposition à la politique discriminatoire de l'armée vis-à-vis des homosexuels connue sous la formule "_ne demande rien, ne dit rien_".
L'un des groupes d'opposition au recrutement les plus grands et se développant le plus rapidement sur les campus est actuellement le Réseau Etudiant Antiguerre (REA). Ils ont récemment coorganisé dans la baie de San Francisco une conférence régionale contre le recrutement qui a eu beaucoup de succès, et ils ont établi des relations à l'étranger lors de la Conférence Internationale pour la Paix qui a eu lieu à Londres.
Le REA est largement à l'origine, dans tout le pays, de l'organisation de conférences et d'événements contre la guerre et le recrutement, de la formation de sections dans les campus, de piquet et de manifestations contre les recruteurs dans les lycées. Des recruteurs ont été obligés de quitter les écoles plus vite, des visites ont été annulées, des sit-in ont été organisés, dans le but de saborder les visites. C'est devenu un sujet tendu pour les responsables d'université, puisque des manifestations très visibles et parfois conflictuelles ont eu lieu, et que les conflits entre les étudiants opposés au recrutement, les recruteurs et les agents de sécurité des campus continuent à donner une image négative des universités dans les médias. Ce genre d'action contre le recrutement est de plus en plus vu par les militaires et par les institutions d'enseignement comme des "_menaces_" potentielles, et les étudiants sont par conséquent menacés à leur tour. Heureusement, le REA est aussi efficace pour organiser des campagnes de soutien aux étudiants confrontés à l'action disciplinaire des établissements, que pour organiser des manifestations.
Le groupe Jeunes contre la Guerre et le Racisme (JCGR) a une action similaire dans les lycées, et des sections dans l'état de Washington, le Minnesota et le Massachusetts. JCGR a récemment appelé à et organisé une marche des étudiants le 2 novembre, qui a culminé avec des milliers de lycéens et d'étudiants sortant de leurs cours pour manifester contre la guerre en Irak devant le centre de recrutement le plus proche. Avec de tels groupes et actions, les lycéens et les étudiants prennent leur place en tête du mouvement contre le recrutement. Sans compter les histoires présentées en détail par les médias, d'étudiants conduisant des manifestations dans leurs établissements contre le recrutement militaire pour une guerre inutile. Mars et avril ont vu un grand nombre d'étudiants sortir des écoles par tout le pays pour rejoindre les manifestations gigantesques d'opposition à la législation répressive contre les immigrés sans papiers.
Malheureusement, certaines de ces actions ont conduit à une répression sévère dans les campus et à des bavures policières, comme jeter des étudiants dans l'eau chaude dans des endroits comme Holyoke community College (Massachusetts), Kent State University (Ohio), George Mason University et Hampton University (Virginie). Heureusement, dans chacun de ces cas, les étudiants ont vigoureusement organisé des manifestations et des campagnes de défense pour ceux d'entre eux visés par des mesures de rétorsion.
Comme 2006 se déroule, nous devons rester sur la brèche_! Le pool de nouvelles recrues dans le Programme d'Entrée Différée (EDP) a baissé de manière significative et selon certaines prédictions il va être plus dur de recruter des jeunes. Ce dont nous avons besoin, c'est de rester soudés, et de ne pas être découragés, ou simplement effrayés de voir si notre travail est efficace. L'information contre le recrutement se renforce chaque jour, nous devons donc être patients et travailler à petits pas. Il est important que nous utilisions tous les outils à notre disposition et que nous embrassions un large éventail de stratégies. Tous les groupes antiguerres et contre le recrutement doivent se soutenir et particulièrement les étudiants qui sont confrontés à la répression. Tant que les recruteurs continuent à faire des promesses et des offres aux jeunes recrues, de bourses d'étudiants, de formation professionnelle, et de voyages à travers le monde, il doit continuer à y avoir une présence dans les écoles pour être sûr que les étudiants comprennent que la seule chose réelle que l'armée puisse vous garantir aujourd'hui est la guerre. Le choix a été présenté_: étudiant ou soldat. Il est heureux que plus de jeunes choisissent d'être étudiants, pas soldats.
ROTC (Reserve Officer trainig Corps - Corps d'entraînement des Officiers de Réserve) et JROTC sont des programmes assez différents. ROTC donne des bourses aux étudiants qui font une quantité assez faible d'entraînement militaire pendant leurs études, et s'engagent pour quatre ans de service actif comme officiers. JROTC (ROTC Junior) est un programme de l'enseignement secondaire qui comprend des exercices militaires avec armes et uniformes dans les établissements. Il ne demande pas d'engagement de rejoindre l'armée et a pour but de construire la personnalité des jeunes, mais les militaires font savoir en privé que c'est un aspect clé du recrutement militaire. JROTC, à la différence de ROTC, est orientée vers les jeunes de la classe ouvrière qui deviennent rarement officiers. Chacun de ces programmes est de toute façon le principal moyen par lequel le militarisme est institutionnalisé dans les établissements d'enseignement correspondants.
Depuis 1958, la section américaine de l'IRG, la Ligue des Résistants à la Guerre (WRL), honore une personne ou une organisation qui représente la platte-forme radicale de la WRL avec le Prix pour la Paix de la WRL. Les récipiendaires comprennent l'agitateur pour la paix A.J. Muste, le militant pour les droits de l'homme Bayard Rustin, la théoricienne féministe et pacifiste Barbara Deming, le fondateur du mouvement des Socs de charrue, Daniel Berrigan, et beaucoup d'autres. Le Prix 2006 pour la Paix est allé aux femmes résistantes à la guerre de l'intérieur de l'armée américaine.

Fin novembre 2001, Anita Cole reçu sa dispense de l'armée comme objectrice de conscience à la guerre.
"Avant d'entrer dans l'armée, je ressentais les choses comme beaucoup de gens. En gros, je sentais que le meurtre était mal, mais en même temps je considérais que tuer était inévitable et même justifié, par exemple à la guerre.
Je suis une personne de conviction intense. Mes parents m'ont éduquée à croire que le service rendu à la société - donner son temps comme volontaire ou faire des dons financiers - était un impératif moral. Depuis que j'étais enfant, j'ai toujours été reconnaissant d'être un citoyen américain, et je sentais que tout le monde devait servir son pays. Les forces armées m'attiraient comme une tâche publique partagée et pleine de sens. Après avoir obtenu mon diplôme universitaire, j'ai décidé de rejoindre l'armée. Je n'étais pas motivée à rejoindre l'armée pour obtenir une bourse universitaire ou une autre incitation financière - et je n'en ai pas reçues non plus. Au moment de mon enrôlement, j'étais pleine de fierté et profondément convaincue de mon engagement à servir mon pays.
Durant l'entraînement de base, l'entraînement à la baïonnette couplé au mantra " qu'est-ce qui fait pousser l'herbe ? Le sang, le sang, le sang fait pousser l'herbe " m'a choqué. Mais même à ce moment, j'ai pensé que si j'étais appelée pour la guerre, alors je devrais aussi embrasser l'esprit du guerrier.
En août 2000, j'ai été envoyée à l'entraînement me qualifier pour l'arme qui m'était assignée, le M-16A2. J'ai été profondément tourmentée et traumatisée lorsque j'ai tiré avec une arme mortelle sur des silhouettes humaines. Percevant ma détresse évidente, un sergent a essayé de m'encourager en disant " allez, tu es une tueuse ! ". Sur le moment, j'ai été si désemparée que je ne pouvais pas me qualifier.
Je me dis qu'il s'agissait seulement de " piquer des trous dans du papier ". Cette manière de me décevoir volontairement à mes propres yeux m'a rendu capable de me qualifier ; de toute façon, les mots du sergent instructeur, " allez, tu es une tueuse ", ont continué de me hanter. Ce commentaire a donné consistance dans ma tête à mon objection à mon devoir de soldat.
Ma conscience, découlant de méditations et de lectures, et mon introspection, m'ont poussée à honorer ma vraie nature. Je ne serais pas capable de vivre dans aucune sorte de paix si je tuais, si je laissais les autres tuer, ou si je soutenais aucun acte de tuer, dans ma pensée ou dans ma manière de vivre... En d'autres mots, je suis objectrice de conscience au sens littéral. "

Une femme afro-américaine vétérane de l'armée qui a demandé le statut d'objectrice de conscience.
" J'ai rejoint l'armée en pensant que j'allais, assez probablement, atteindre l'un des plus hauts idéaux pour le pays le plus grand et le plus puissant de ce monde. Loyauté, Devoir, Respect, Service désintéressé, Honneur, Intégrité, et Courage personnel ; ce sont les sept valeurs de l'armée, valeurs dont je voulais pouvoir dire que je les chérissais et les possédais... Il y aurait du bien qui viendrait du carnage, à la fin. Mais c'est là que j'ai fais erreur, parce qu'il n'y a pas de fin à la guerre. Nous sommes encore en Allemagne, nous sommes encore en Corée, nous sommes encore en Bosnie, nous sommes encore en Amérique. La liste s'allonge encore et encore, et les seules choses qui sont établies sont qui va rester et qui va partir, qui va vivre et qui va mourir, qui va régner et qui va servir. "

Kelly Dougherty, 27 ans, de Colorado Springs, Colorado, a servi dans la Garde nationale au Koweït en février 2003, puis en Irak d'avril 2003 à février 2004. Elle a été cantonnée dans le sud de l'Irak, près de la ville de Nazaria.
" Avant même d'être informée que j'allais en Irak, j'étais complètement contre l'idée d'aller faire la guerre en Irak et je ne pouvais pas croire les raisons qui étaient données - les armes de destruction massive et la ligue de terroristes et tout ça. Quand je suis arrivée en Irak, la chose qui m'a vraiment frappée est la pauvreté là-bas - pas seulement chez les insurgés - mais on n'entend pas tous les jours combien les Irakiens souffrent aux mains de l'armée américaine, et comment tant de gens sont arrêtés ou emprisonnés, abattus et tués, ou quoi que ce soit d'autre - qui sont complètement innocents, ou qui essayent de vaquer à leurs occupations quotidiennes. Je pense donc que tout cela a renforcé mon opinion que la guerre était mauvaise, et tout d'abord que la violence crée juste plus de violence. Nous n'avons vraiment rien accompli de positif là-bas.
J'ai vu, de nombreuses fois, des abus de pouvoir par des militaires - utilisant une force excessive, sans justification, contre les Irakiens, parce qu'ils pouvaient se le permettre.
Et après un temps nous avons eu un matériel de contrôle d'émeute, ce qui s'appelle " munition sub-létale " - paquets de cartouches pour les fusils, et balles en caoutchouc et grenades fumigènes. J'ai vu beaucoup d'abus avec ce genre de choses, comme tirer n'importe quand avec des balles en caoutchouc, parce qu'on sait qu'elles ne vont tuer personne. Et ces choses ne sont pas des blagues ! Ca peut tuer quelqu'un, comme un petit enfant. [...] Ou si vous êtes atteint au visage. [...] C'est quelque chose avec quoi on ne joue pas.
Extraits de : http://www.alternet.org/story/24076/

" Je suis SPC dans la Garde nationale de l'armée de terre du Texas. E suis née à Milwaukee, Wyoming, et j'ai 22 ans. A 19 ans, je me suis enrôlée dans la Garde nationale parce que je voulais essayer la vie militaire. Quand je me suis enrôlée, je pensais que tuer était immoral, mais aussi que la guerre était une part inévitable de la vie, et donc une exception à la règle.
Après mon enrôlement, j'ai commencé ma lente transformation en adulte. Comme beaucoup d'adolescents qui quittent leur foyer pour la première fois, je suis passé par une période de maturation et de quête spirituelle. J'ai rencontré beaucoup de personnes et d'idées nouvelles qui ont grandement élargi mes expériences étroites. Après avoir lu des essais de Bertrand Russel et avoir voyagé dans le Pacifique sud, et parlé avec des gens du monde entier, mes convictions concernant l'humanité et sa relation à la guerre ont changé. J'ai commencé à avoir une vision plus large du monde, et à réévaluer chacune des choses que j'avais pu penser à propos de la guerre quand j'étais enfant. Je suis arrivé à la conviction que prendre une vie humaine était mauvais, et que la guerre n'était pas une exception. J'étais alors capable de clarifier qui j'étais et pour quoi je devais m'engager.
La chose que je révère le plus dans le monde est la vie, et je ne prendrai jamais la vie de quelqu'un d'autre. Comme d'autres ont foi en dieu, j'ai foi en l'humanité.
Je crois profondément que les peuples doivent résoudre tous les conflits par la diplomatie pacifique et sans faire usage de la violence. La violence engendre seulement plus de violence.
Puisque je croyais si fortement en la non-violence, je ne pouvais jouer aucun rôle dans l'armée. N'importe quelle personne faisant n'importe quel travail dans l'armée, contribue d'une certaine manière à l'organisation, à la préparation ou à la réalisation de la guerre.
Pendant dix-huit mois, pendant que ma demande de statut d'objectrice de conscience était instruite, j'ai honoré mes engagements envers l'armée et j'ai fait tout ce qui m'a été demandé.
Mais je suis maintenant arrivé à un point où je suis obligée de choisir entre mes obligations légales envers l'armée, et mes valeurs morales les plus profondes. Je voulais rendre clair que je ne compromettrais mes convictions à aucun prix. J'ai une obligation morale non seulement envers moi, mas aussi envers le monde dans son ensemble, et ceci est plus important que n'importe quel contrat.
Je vais exercer tous mes droits légaux pour ne pas porter une arme, et pour ne pas participer à l'effort de guerre. Je suis déterminée à être déchargée de mes obligations comme objectrice de conscience, et à passer par un procès en appel ; je vais continuer à suivre les ordres qui n'entrent pas en conflit avec ma conscience jusqu'à ce que la question de mon statut soit résolue. Je suis prête à assumer les conséquences de mon adhésion à mes convictions. "

" J'étais une indigène perdue " commente Tina Garnanez à propos de son séjour dans l'armée.
Tina a grandi dans une réserve Navajo et a été à l'école in Farmington, Nouveau Mexique. La seule fille de cinq enfants de la même mère, Tina s'est enrôlé à 17 ans, pour avoir de l'argent pour la faculté.
" Je voulais entrer à l'université, et je savais qu'entre ma situation familiale et venir d'une réserve, je n'avais pas beaucoup de choix pour recevoir une éducation supérieure. "
Tina a été cantonnée au Kosovo quand les Etats-Unis ont commencé à bombarder Bagdad.
En juillet 2004, Tina a été affectée en Irak. Elle avait déjà effectué son temps d'engagement, mais l'armée peut étendre la durée d'enrôlement des soldats selon une politique dite d'arrêt des déperditions.
Comme médecin en Irak, Tina transférait des patients des ambulances à l'hôpital où elle voyait le coût élevé de la guerre. " J'ai vu des corps défigurés, des membres emportés, des soldats ayant perdu la raison ".
Elle a aussi voyagé avec des convois délivrant des fournitures médicales aux bases. Sur un de ces convois, Tina a échappé de justesse à une explosion. Une bombe a explosé, et de la poussière, des pierres et des éclats ont volé de tous les côtés.
" J'étais tellement en colère. Pas en colère contre les Irakiens, mais contre les raisons pour lesquelles j'étais là. Pourquoi, me suis-je demandé ? Ma mère aurait reçu un drapeau plié en triangle à la place de sa seule fille. "
Elle sut à partir de ce moment qu'elle ne pourrait pas servir plus longtemps dans cette guerre. " cest bon, dit-elle, je ne me bats pas pour les plans pétroliers de qui que ce soit. "
Tina est à la Maison à Silver City, nouveau Mexique, dégagée honorablement de ses obligations. " Je voudrais vraiment n'être pas allé à l'armée. J'ai maintenant un syndrome de stress post-traumatique. Je sursaute pour n'importe quoi. "
Tina dit qu'elle a parlé avec beaucoup de lycéens des raisons pour lesquelles les recruteurs ciblent les étudiants pauvres et issus de minorités. Ces jeunes cherchent une issue, une sortie du ghetto, de la pauvreté, des places où n'y a que peu de chance de progresser. " L'armée n'est pas la seule solution, mais il n'y a d'habitude que les recruteurs militaires qui sont dans les écoles. "
Tina a lutté pour comprendre comment elle, comme indigène, pouvait faire partie de la machine même qui avait presque exterminé les indigènes. " Traités violés. Nous parquer dans des réserves. J'étais une indigène perdue. "
Mais Tina Garnanez a trouvé sa place au sein d'un mouvement grandissant de soldats se prononçant contre la guerre en Irak.
Tina Garnanez a été interviewée par Christine Ahn, Centre de Ressource des Femmes de Couleur, Temps de Guerre.
A travers des ateliers, des actions et une conférence internationale, l'opération "Refuse la Guerre" mettra en évidence les difficultés rencontrées par les objecteurs de conscience actuels et aidera à créer des liens entre les diffrentes composantes du mouvement anti-guerre.
Le point d'orgue des évènements sera le soutien aux objecteurs de conscience américains du moment et à leur famille. Il sera aussi l'examen du potentiel actuel de l'objection de conscience (sous ses formes diverses) comme moyen de construire un mouvement anti-guerre. De plus, l'opération "Refuse la Guerre" permettra aux objecteurs de conscience américains et internationaux de partager leurs expériences et idées.
Les soutiens : la War Resisters League, L'internationale des Résistant-e-s à la Guerre, l'American Friends Service Committee Youth and Militarism Program, le Center on Conscience & War, le Washington Peace Center, la National Youth and Student Peace Coalition, la Military Law Task Force of the National Lawyers Guild, le Fellowship of Reconciliation Disarmament Program, le Central Committee for Conscientious Objectors (CCCO) et le Student Peace Action Network (SPAN).
Rassemblant des objecteurs de conscience de tous les continents, cette rencontre conviviale sera consacré à la mise en place de stratégies internationales pour le soutien au droit à refuser de tuer. Merci de nous contacter pour plus d'info et pour particper.
L'opération "Refuse la Guerre !" sera l'opportunité pour les objecteurs de conscience, les militants anti-guerre et les familles de militaires de se rencontrer pour partager les stratégies et construire ensemble.
Les sujets d'ateliers incluent :
Le programmes complet de la conférence est disponible en anglais et en espagnol.
Pour s'inscrire : http://www.centeronconscience.org/orw/reg.html ou par mail à register@centeronconscience.org.
Les frais de participation à la conférence sont de 30 $US, le repas du samedi midi inclus.
Operation Refuse War,
c/o WRL 339 Lafayette St,
New York, NY 10012.
Tél +1-212-228 0450 x102
courriel : youth@warresisters.org
http://operationrefusewar.org
Conférence Internationale des Résistant-e-s à la Guerre
Schloss Eringerfeld
Paderborn, Allemagne
23 au 27 juillet 2006
La conférence Mondialiser la Nonviolence de l'Internationale des Résistan- t-e-s à la Guerre sera l'occasion rêvée de rencontrer des militant-e-s du monde entier, d'apprendre ce qui les pousse à agir et de voir comment on peut s'aider pour qu'advienne cet autre monde possible.
Partout dans le monde, un mouvement des mouvements converge, cherchant à opposer les perspectives et les valeurs du pouvoir des populations face aux institutions financières mondiales, aux multinationales et aux gouvernements. C'est un mouvement de mondialisation par la base.
L'IRG pense que la nonviolence a un rôle important à jouer dans cette mondialisation par la base. D'où le thème de notre prochaine conférence internationale: Mondialiser la Nonviolence.
Les frais de participation à la conférence s'élèvent à 200 (inscription, logement, et repas) par personne. Les frais pour les représentants d'organisations sont de 250. D'autres options moins cher sont disponibles (amener votre propre tente/ aravane), si vous ne pouvez pas payer le tarif complet.
Le lieu de la conférence est Schloss Eringerfeld à coté de Paderborn, Westphalie. De plus amples informations de voyage, seront bientôt disponibles sur le site internet.
Internationale des Résistant-e-s à la Guerre
5 Caledonian Road, London N1 9DX - Grande-Bretagne
tél: +44 20 72784040
inscription@mondialiserlanonviolence.org
http://wri-irg.org/tri2006/fr/regform-fr.pdf
Le Fusil Brisé est le bulletin d'information de l'Internationale des Résistant-e-s à la Guerre. Il est publié en anglais, espagnol, français et allemand. Ceci est le numéro 70 de mai 2006.
Ce numéro publie des info sur la campagne de l'IRG à l'occasion de la journée internationale de l'objection de conscience. Il est le fruit du travail de Andreas Speck. Tous nos remerciements à Stephen Funk, Steve Morse, Kevin Ramirez et à tous les autres qui ont fourni des info pour ce numéro. Pour vous procurer d'autres copies de ce Fusil Brisé, merci de contacter le bureau de l'IRG ou téléchargez le de notre site internet.
Internationale des Résistante-s a la Guerre
5 Caledonian Rd, Londres
N1 9DX, Grande Bretagne
Tél:+ 44 20 7278 4040
Fax:+ 44 20 7278 0444
info@wri-irg.org
http://wri-irg.org/pubs/br70-fr.htm