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le fusil brisé, No.69, mars 2006

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Mondialiser la nonviolence

Appel à une stratégie nonviolente du mouvement mondial pour la paix et la justice

par Stellan Vinthagen

Nous vivons une période d'évolution sociale historique. Alors que l'économie, les régimes étatiques et les conflits se mondialisent, les forces sociales du mouvement des peuples en font tout autant. En 2003, nous étions au moins 15 millions à manifester de par le monde contre la guerre en Irak. Le rassemblement du "mouvement mondial des mouvements" au Forum Social Mondial continue à croître, 150 000 participants pour le dernier qui s'est tenu au Brésil. Ce mouvement mondial pour la paix et la justice a tiré les conclusions de stratégies précédentes de réforme par le biais des élections avec les partis nationaux comme de la révolution au travers de la rébellion armée. Il cherche maintenant à se doter d'une stratégie nonviolente de révolution sociale.

Le problème est double

Les confrontations internationales récentes telles Prague (contre la Banque Mondiale), Göteborg (au sommet le UE) ou Gênes (lors du G8) ont mis en évidence un double problème du au manque de stratégie cohérente : émeutes violentes et résistance nonviolente inefficace. Ces manifestations et d'autres ont aussi failli quant à l'organisation de confrontations nonviolentes efficaces et quant à la mise en place de stratégies cohérentes pour un engagement nonviolent face aux puissances mondiales. Ce double problème provient en partie du manque de spécialistes de la nonviolence au sein du mouvement. Très peu de personnes avec la connaissance des théories nonviolentes et la pratique du mouvement ont pris part à l'organisation au sein du mouvement (avec quelques exceptions aux USA).

Il est clair aujourd'hui que ce mouvement mondial n'est pas une simple éruption mobilisatrice spontanée mais une mobilisation permanente. Le FSM recherche explicitement une politique ni électorale, ni armée (cf la charte du FSM sur www.forumsocialmundial.org), une sorte de "résistance sociale nonviolente" sans mettre en exergue ce que cela signifie réellement. Parce qu'aucune stratégie nonviolente n'a été adoptée jusqu'à maintenant, une discussion récurrente tend à s'éloigner des confrontations internationales. Ces confrontations sont vues comme inefficace et comme une rossée trop symbolique envers les logos de l'ordre mondial actuel (Bush, OMC, G8 etc.). Leur sont préférées la résistance locale créative et la mise en évidence des alternatives. L'emphase sur les alternatives constructives est très bien, c'est même une partie centrale du type de stratégie nonviolente que Gandhi avait suggéré, mais n'empêche que le problème reste un manque d'approche résistante.

A mon sens, le mouvement mondial actuel est prêt à adopter une stratégie de résistance nonviolente comme approche pour une évolution sociale et politique. Le vocabulaire de la nonviolence existe déjà au sein de nombreuses commissions, déclarations et organisations : groupe affinitaire, désobéissance, pacifique, dialogue, ligne de conduite, etc. Des organisations telle l'Internationale des Résistant-e-s à la Guerre ont le potentiel pour contribuer au développement d'une stratégie nonviolente. Cependant, le mouvement mondial n'est pas le seul à manquer d'une stratégie nonviolente compréhensible : nous, qui travaillons avec la nonviolence, manquons d'une compréhension globale de la nonviolence et nous devons développer un répertoire global de la résistance nonviolente main dans la main avec le mouvement pour la paix et la justice. C'est un défi pour les militants et érudits nonviolents de développer quelque chose de nouveau à partir des expériences passées.

Transcender les politiques traditionnelles

Le mouvement des mouvements transcende les échelons de la politique tant locale que globale et l'idée de la politique confinée à certains secteurs (militaires, économiques, culturels, environnemental...) ou sujet (l'armement nucléaire, la conscription, les OGM et l'agro-alimentaire ou des milliers d'autres cibles des effets nocifs du système mondial actuel). C'est un mouvement embrassant toute l'hétérogénéité du spectre de la vie sociale, y compris une diversité des tactiques nécessaires pour protéger cette vie. Nous ne savons pas ce que cela signifie pour la résitance nonviolente sinons qu'elle sera assurément différente. Nous avons besoin d'une trame stratégique compréhensible et adaptable à des contextes et besoins variés.

Les approches traditionnelles de la critique du pouvoir (tel le féminisme ou l'anarchisme) et la résistance nonviolente sont restées à la marge des "politiques dominantes d'opposition", cela peut changer aujourd'hui. Un besoin plus fort pour des approches qui n'engagent pas seulement la critique sur l'oppression et la violence en tout genre mais qui détiennent les outils pratiques forgés au cours de siècles d'expérience pour créer le changement. Je crois fermement que le mouvement global doit s'offrir le choix d'une alternative complète aux traditions politiques habituelles. Si les mobilisations lors des confrontations internationales à venir ne se basent pas sur les expérience de l'histoire (limitée mais bien établie) des mouvements nonviolent, alors ce fragile mouvement des mouvements en construction risque de perdre de son efficacité et pourrait même perdre de son impulsion mobilisatrice et de sa capacité à créer une évolution durable.

Notre objectif:

L'internationale des Résistant-e-s à la Guerre appelle les formateurs, théoriciens, militants et organisateurs de la résistance non violente à participer à la conférence "Mondialiser la Nonviolence" afin d'explorer ensemble comment nous pouvons adopter une résistance stratégique nonviolente pour des réseaux mondiaux. Nous ne pensons pas avoir les réponses sur la manière d'aborder cette tâche pour le moins gigantesque, mais nous savons devoir tenter le coup : l'histoire nous appelle.

Le plus important est de reconnaître que le savoir nonviolent, les modes d'entraînement, la stratégie, les formes organisationnelles (cf notre répertoire de la nonviolence) ont besoin d'être développés en fonction des conditions globales. Nous ne savons pas encore quels développements spécifiques sont nécessaires mais nous reconnaissons être dans une situation nouvelle. Le mouvement mondial nous fera comprendre la nouveauté de la situation et, espérons-le, nous apprendrons à contribuer avec notre connaissance de la stratégie nonviolente pour que le mouvement mondial des mouvements ne se contente pas de défier le monde actuel mais réussisse à réellement le changer. Un autre monde -nonviolent- est possible !

Stellan Vinthagen, Commission d'organisation de la Trienniale de l'IRG, Department de recherche Paix et Développement à l'Université de Göteborg en Suède. stellan.vinthagen@padrigu.gu.se

Cet article est une version synthétique d'un autre publié par l'Internationale des Résistant-e-s à la Guerre dans le cadre d'une série d'articles en amont de la Conférence Triennal Internationnale de juillet 2006 en Allemagne. Vous pouvez lire dans la version originale (disponible en anglais sur http://wri-irg.org/tri2006/en/news/msg00001.html) une analyse des conséquence de la mondialisation pour la politique contemporaine et un plan d'action détaillé pour développer une stratégie nonviolente au sein du mouvement mondial pour la paix et la justice.

Éditorial

Mondialiser la Nonviolence, tel est le thème de ce Fusil Brisé et de notre prochaine conférence qui aura lieu au mois de juillet en Allemagne (notez les dates : du 23 au 27 juillet 2006). Mais qu'entend-on par Mondialiser la Nonviolence ? Stellan Vinthagen explore ce que la nonviolence peut apporter au mouvement mondial pour la paix et la justice, ce "mouvement des mouvements" qui converge lors des forums sociaux et contre les principaux sommets, de gouvernements ou d'institutions intergouvernementales. Ou plutôt et plus justement, différents branches de ce mouvement qui se rencontrent de temps à autre, voire organisent des évènements parallèle comme nous avons pu le voir récemment avec le Forum Social Mondial de Caracas et son pendant, le Forum Social Alternatif. (cf page 2).

Mais Stellan Vinthagen indique aussi que nous, tant les porteurs de la nonviolence que le mouvement des mouvements dans son ensemble, n'avons ni stratégie nonviolente globale, ni même idée de ce que la nonviolence signifie pour une lutte globale. La conférence de l'Internationale des Résistant-e-s à la Guerre souhaite explorer ces questions en se basant sur l'expérience de nos campagnes et actions non-violentes et en étant conscient de ne pas avoir toutes les réponses. Nous espérons que ce numéro du Fusil Brisé vous encouragera à nous rejoindre dans ce débat en venant à la conférence ou en participant au Wiki sur http://wri-irg.org/wiki/index.php/Globalising_Nonviolence.

Une autre monde -sans violence- est possible.

Andreas Speck
Salarié de l’IRG

Le Forum Social Alternatif de Caracas

En parallèle au Forum Social Mondial officiel et polycentrique de Caracas (sponsorisé par le gouvernement Chavez, la compagnie pétrolière nationale PDVSA et même l'hôtel Hilton de Caracas), un Forum Social Alternatif sans subvention ni compromis avec le pouvoir s'est tenu, organisé par des groupes anarchistes et anti-autoritaires du Vénézuela. La plupart des participants l'ont plus vu comme un complément bienvenu au forum social officiel que comme un contre-forum. Beaucoups ont d'ailleurs participé aux deux, ce fut d'ailleurs le cas de l'Internationale des Résistant-e-s à la Guerre.

Le forum alternatif n'a pas seulement discuté de problématiques mises de côté par le forum officiel tels la militarisation au Vénézuéla (un sujet évidemment pas très bienvenu dans un pays où le président est un militaire), les conséquences sociales et écologiques des productions de pétrole et de charbon principalement tournées vers l'export, les Droits de l'Homme au Vénézuéla ou l'anarchisme à Cuba pour n'en citer que quelques unes. Plus important que cela était le vrai débat engagé par le forum social alternatif à la différence du format souvent rencontré au forum officiel. Ce dernier n'est pas apparu très différent d'un mode de consommation tout juste assaisonné de "gauchisme" avec des centaines de personnes à l'écoute de discours supposés intelligents sans espace pour une participation réelle.

Cela dit, le forum alternatif fut aussi un lieu de critique de l'évolution du forum social officiel et de son "institutionnalisation qui a entraîné sa dégénérescence en une demi-décennie de développement. Cette bureaucratisation du FSM est contraire à sa génèse et à ses principes originels, lesquels parlent d'une convergence de mouvements divers et contradictoires, d'un mouvement des mouvements. A l'heure actuelle, le FSM sert de tremplin et de légitimisation à une série de leaders, gouvernements, institutions, ONGs et partis politiques gauchisants. Il dispose de ressources et d'une puissance économique relativement importantes. La conséquence en est une mise en avant de ces intérêts et une marginalisation des mouvement 'minoritaires' ou plus radicaux. Une des priorités du Forum Social Alternatif fut de générer un espace autonome pour développer et mettre en relation différents mouvements locaux dont les subjectivités variées ont offert des visions autre que celles imposées par le manichéisme et le discours dominant qui a caractérisé le Vénézuéla ces dernières années", selon les organisateurs du forum alternatif. C'est donc sans surprise que le Forum Social Alternatif fut sous la surveillance de la police politique.

Bien sûr, ce sont probablement quelques centaines et non des dizaine de milliers qui ont participé. Mais plus important, une communauté a vu le jour, de vrais liens se sont créés qui, espérons-le, dureront et contribueront au développement de quelque chose de nouveau.

Andreas Speck

www.fsa.contrapoder.org.ve

Le Forum Social Mondial: un forum pour la nonviolence?

par Howard Clark

Le Forum Social Mondial est la dernière (et une des plus attractives) tentative de mettre en place un processus renforçant la coopération entre un large spectre de mouvements liés à la résistance sociale et basés sur des valeurs plus ou moins communes. Au bout de cinq ans, ce processus montre des signes d'institutionnalisation : il est suffisamment populaire pour que des gouvernements (nationaux comme celui de Chavez au Vénézuéla ou régionaux comme celui de Catalogne) veuillent se montrer comme soutiens. Cela dit, le processus reste toujours assez ouvert pour clarifier et mettre à jour son analyse. Par exemple : la déclaration des Femmes Vivant sous les Lois Musulmane adoptée l'an dernier qui offrait une critique de soi-disant mouvements anti-guerres s'alignant sur le fondamentalisme religieux et patriarchal.

J'imagine que des militants associés d'une manière ou d'une autre à l'IRG ont été présents à chaque Forum Social, qu'il soit régional ou mondial. Je dis "imagine" car nous sommes un réseau plutôt libre. Un évènement tel le forum social offrent d'utiles opportunités de mises en relation et, franchement, il est d'une certaine manière aussi utile que certains évènements que nous organisons pour nous-mêmes (et à nos frais). Ce fut déjà le cas dans les années 80 avec les conventions Européennes pour le Désarmement Nucléaire : j'y ai en effet rencontré des membres de l'IRG que je n'avais jamais rencontrés lors de réunions de l'IRG.

Cependant la convention EDN concernait la guerre et les armes. Le forum social s'occupe de problématiques beaucoup plus larges. La charte du Forum Social Mondial ne mentionne pas spécifiquement la guerre et la seule référence à l'armée est que les organisations militaires ne seront pas représentées. Mais il est question de nonviolence.

Vers la fin, au paragraphe 13, nous pouvons lire que "le Forum Social Mondial, en tant qu'espace d'articulation, cherche à fortifier et à créer de nouvelles articulations nationales et internationales entre les instances et mouvements de la société civile qui augmentent, tant dans la sphère de la vie publique que de la vie privée, la capacité de résistance sociale nonviolente au processus de déshumanisation que le monde est en train de vivre et à la violence utilisée par l'état, et renforcent les initiatives d'humanisation en cours, par l'action de ces mouvements et instances."

Voici donc un point de référence clair et net pour l'IRG. Notre propre déclaration ne mentionne pas spécifiquement la nonviolence. La première partie concerne le refus de soutenir la guerre et la seconde, notre engagement à abolir ce qui cause la guerre, ce que nous avons compris depuis des années comme étant l'engagement à promouvoir la nonviolence pour abolir les causes de la guerre. D'où l'ensemble de nos débats sur des manifestes pour la révolution nonviolente, nos déclarations sur la nonviolence active comme alternative à la lutte armée, nos conférences sur la défense sociale nonviolente et notre travail plus récent sur la nonviolence et le renforcement du pouvoir social.

L'IRG ne peut exister en tant qu'organisation isolée : nous devons tenir notre place parmi les mouvements sociaux dont nous partageons les objectifs. C'est la sphère de notre action. Parfois, nous nous sentons relégués (et il est certainement plus approprié pour l'IRG d'être présent au récent forum social alternatif de Caracas que d'applaudir le gouvernement Chavez) mais nous pouvons aussi parfois nous joindre à des thématiques et des impulsions vitales que nous aurions du, sans cela, mettre de côté pour des raisons organisationnelles de par nos ressources limitées. Dès le départ, l'IRG a énoncé une analyse sociale radicale, une analyse allant beaucoup plus loin que ne le pourrait notre programme organisationnel . Nous promouvons aussi des valeurs, des valeurs dont la pratique n'est pas seulement au sein de l'organisation mais dans notre vie quotidienne reflétant ainsi une conscience bien plus large qu'un antimilitarisme primaire. Tout cela réunit nous ancre fortement dans le "mouvement des mouvements" qui gravite en direction des forums sociaux.

Cependant, nous avons autre chose et cela (de par toutes les controverses sur la nonviolence) a toujours été bienvenu quand nous avons pu le partager. C'est une réputation de préparation soignée et d'évaluation critique et honnête de l'action nonviolente. Ces actions ont rarement été organisées par ou au nom de l'IRG, ni de ses affiliés, mais ce sont des actions auxquelles nos membres ont participé, dont nous avons discuté et qui nous ont donné des idées à appliquer dans nos propres situations. De l'extérieur, les gens nous voient parfois comme un "club de la nonviolence". Un des défis à relever est de montrer que notre nonviolence n'est ni exclusive, ni fixée dans le temps, ni partie d'une culture particulière mais qu'elle est en continuel renouvellement dans des contextes nouveaux. Notre conférence Mondialiser la Nonviolence devrait être une étape importante dans cette direction.

Howard Clark a récemment aider April Carter et Michael Randle à compiler "People Power and Protest since 1945", une bibliographie de l'action nonviolente paru chez Housmans ce mois de mars. (Désolé mais elle ne tient compte que des publications en anglais.)

Conditions préliminaires et facteurs sociaux politiques pour une désobéissance civile de masse

par Jochen Stay

Jochen Stay, qui fut actif lors des campagnes de désobéissance civile contre le déploiement des missiles nucléaires Pershing-II à Mutlangen en Allemange dans les années 80, puis lors des campagnes "X-tausendmal quer" ("X-milliers en travers de la voie") contre le transport des déchets nucléaires dans les années 90 et 2000 revient sur son expérience de désobéissance civile de masse. Il est clair que dans la situation actuelle ce type d'action courageuse est toujours nécessaire, mais une question se pose : la désobéissance civile avec la participation de milliers de personnes est-elle, aujourd'hui, une perspective appropriée pour le mouvement pacifiste ?

Il est évident comme le prouvent de nombreuses tentatives infructueuses, et ce quelque soit la problématique, que des milliers de personnes ne peuvent être tentées par la désobéissance civile sans un contexte politique particulier ni une approche politique particulière. Certaines conditions politiques sont requises. En voici dix qui ont été remplies pour Mutlangen et pour "X-tausendmal quer", mais je ne déclare pas être à même d'offrir la recette du succès :

  1. La problématique en question doit être perçu comme une menace réelle pour un grand nombre. Etre personnellement affecté est aussi un facteur crucial.
  2. Elle doit être de celles pour lesquelles le grand nombre pense que des intérêts puissants sont supérieurs aux politiques et que les partis politiques vont à l'encontre de la volonté populaire.
  3. Le mouvement a été capable de se concentrer sur un aspect fortement symbolique, visible et controversé d'une problématique complexe en ayant généré un débat houleux sur cette aspect qui renvoie à l'ensemble de la problématique.
  4. Le mouvement a été capable de susciter l'escalade du conflit dans un lieu particulier (Mutlangen, Gorleben) lui donnant une signification symbolique au point de faire partie de l'identité du mouvement.
  5. La campagne gagne en énergie si elle s'accompagne d'une vision sociale dépassant l'objectif politique, et qui se reflète dans la campagne par la manière dont les gens interagissent. Je veux parler de la démocratie directe, de la prise de décision consensuelle, des groupes affinitaires et des groupes porte-parole.
  6. La campagne pour la désobéissance civile est portée par un cercle de militants qui investissent pendant plusieurs années tout leur temps et énergie dans la campagne et l'accomplissement de leur inspiration.
  7. La forme de désobéissance civile est choisie en fonction des conséquences qui ne doivent être ni trop lourdes ni trop légères. Cela sous entend qu'au travers d'une violation limitée de la loi, en étant prêt à en assumer les conséquences, on retient l'attention du public et le plus grand nombre peut se permettre de participer du fait des risques et des coûts calculés.
  8. Les actions mises en place sont un cocktail gagnant de perturbation effective de la machinerie et de rituel. Le rituel n'est pas, à mon sens, négatif tant qu'il n'est pas figé.
  9. La mobilisation pour les actions est lié à un engagement personel des participants, par le biais d'une déclaration d'intention par exemple.
  10. Les participants ont la possibilité de bien se préparer. Un effort important est consacré à la création d'une trame organisationnelle permettant au militant lambda de se concentrer sur l'action de blocus en tant que tel.

Ceux-ci sont des points en commun. Certains diffèrent car des facteurs ont changé depuis. J'aimerais aussi citer certains de ces points. (...)

Ceci est un extrait d'une présentation plus longue de Jochen Stay pour la conférence "de nouvelles énergies pour la paix" du 7 décembre 2002 à Schwäbisch Gmünd en Allemange. La version complète fut publiée (en allemand) par gewaltfreie aktion no 138/139, des premier et second trimestres 2004. une traduction en anglais (et peut-être en français) sera disponible sur la page web de l'IRG !

Mondialiser la Nonviolence: Conférence Internationale des Résistant-e-s à la Guerre

Schloss Eringerfeld
Paderborn, Allemagne
23 au 27 juillet 2006

Les frais de participation à la conférence s’élèvent à €200 (inscription, logement, et repas) par personne. Les frais pour les représentants d’organisations sont de 250€. D’autres options moins cher sont disponibles (amener votre propre tente/caravane), si vous ne pouvez pas payer le tarif complet. Vérifiez le formulaire d’inscription, soit online ou téléchargeable en format PDF à partir du site de la conférence. Information de voyage.

Le lieu de la conférence est Schloss Eringerfeld à coté de Paderborn, Westphalie. De plus amples informations de voyage, seront bientôt disponibles sur le site internet.

Accès à la conférence

Vous pouvez vous renseigner pour l'obtention de visa sur le site web du bureau des affaires étrangères allemand http://www.auswaertiges-amt.de/www/fr/willkommen/einreisebestimmungen/index_html. S'il vous faut un visa pour venir en Allemagne, contactez l'IRG une foi que vous vous êtes inscrits a la conférence. Nous vous donnerons une invitation une foi que nous aurons reçu votre payement pour la participation a la conférence.

Inscriptions

Internationale des Résistant-e-s à la Guerre 5 Caledonian Road, London N1 9DX - Grande-Bretagne tél: +44 20 72784040
courriel: inscription@mondialiserlanonviolence.org http://wri-irg.org/tri2006/fr/regform-fr.pdf

Êtes vous intéressé-e-s par la mondialisation et par la nonviolence?

Militez-vous contre la guerre ?
Êtes vous impliqué-e-s dans l'action nonviolente ou curieux/se d'en apprendre plus ?

La conférence Mondialiser la Nonviolence de l'Internationale des Résistant-e-s à la Guerre sera l'occasion rêvée de rencontrer des militant-e-s du monde entier, d'apprendre ce qui les pousse à agir et de voir comment on peut s'aider pour qu'advienne cet autre monde possible.

Partout dans le monde, un mouvement des mouvements converge, cherchant à opposer les perspectives et les valeurs du pouvoir des populations face aux institutions financières mondiales, aux multinationales et aux gouvernements. C'est un mouvement de mondialisation par la base.

L'IRG pense que la nonviolence a un rôle important à jouer dans cette mondialisation par la base. D'où le thème de notre prochaine conférence internationale: Mondialiser la Nonviolence.

Les discussions de la conférence:

La structure de la conférence:

Chaque jour de la conférence débutera par une courte séance plénière sur le principal sujet de la journée. Les participant-e-s se diviseront alors en groupes thématiques qui perdureront chaque matinée de la conférence afin de discuter en profondeur d'un thème spécifique. Les après-midi incluront des ateliers non renouvelés et des séances plénières.

Sujets des journées

  1. Mondialiser la Nonviolence Notre objectif est d'en faire une conférence à forte participation et cela commencera avec la séance d'ouverture.
  2. Militarisation et mondialisation La séance plénière du matin posera la question des relations entre la mondialisation, la militarisation et la guerre. Celle du soir se penchera sur des problématiques résultant de "la privatisation" de la guerre de par le recours accru à "l'externalisation" vers des compagnies privées.
  3. Apprendre de la mondialisation par la base Etudier les actions nonviolentes ayant déjà lieu contre les aspects négatifs de la mondialisation, la séance plénière du matin sera consacrée sur le travail en commun de groupes allemands et africains de l'est contre le commerce et le trafic des armes légères. Celle du soir se penchera sur les stratégies mises en place par les mouvements impliqués dans la mondialisation par la base pour soutenir le processus de paix des citoyens en Palestine comme point d'étude spécifique.
  4. Pour un cadre stratégique nonviolent Qu'est-ce qu'une stratégie nonviolente doit apporter au mouvement de mondialisation par la bases? En quoi s'impliquer dans le mouvement de mondialisation par la base doit apporter à une stratégie antimilitariste nonviolente?
  5. Des manifs aux changements sociaux Discuter des alliances et des buts, et reconsidérer les idées et plans développés pendant la conférence.

Groupes Thématiques

La Militarisation dans une économie mondialisée

L'industrie militaire tend à être privatisée, diversi .ée et mondialisée, et pourtant encore -par rapport à d'autres industries- privilégiée. Ce groupe analysera la stratégie et les pratiques du complexe militaro-industriel mondial.

La présence militaire

L'armée a un impact profond sur la société et la culture à travers les processus de militarisation. Elle occupe l'espace tant physique que culturel. Ce groupe étudiera des stratégies nonviolentes possibles pour démilitariser la société.

Les interventions citoyennes nonviolentes

Les interventions citoyennes nonviolentes sont un exemple pratique de la mondialisation par la base, soutenant la construction de la paix et la résistance à l'oppression dans d'autres parties du monde par une mise en réseau mondiale.

Stratégies nonviolentes et mondialisation

Stratégies et objectifs du mouvement altermondialiste, la place de la nonviolence au sein de ce mouvement. Comment s'y inscrivent les actions du mouvement international anti-guerre?

Le droit au refus de tuer

Les thèmes de discussion incluront l'objection de conscience, l'objection .scale, la désertion, et/ou la résistance à la guerre sans conscription. C'est un des principaux programmes de l'IRG.

Les profiteurs de guerre

Ce groupe thématique mettra en évidence les profits tirés de la guerre par certaines des plus importantes multinationales et cherchera des pistes d'actions nonviolentes contre ces compagnies.

Formation à la nonviolence pour débutant

A travers des jeux et jeux de rôles, des exercices et des discussions, les participant-e-s à ce groupe seront initié à différents aspects du champ de la nonviolence.

Activisme vidéaste

Ce groupe est une introduction pratique aux aspects techniques de la vidéo et une réflexion sur l'usage de la vidéo comme outil politico-militant. Ce groupe produira une vidéo de la conférence!

L'Internationale des Résistant-e-s à la Guerre

Pour l'IRG, "la guerre est un crime contre l'humanité" et l'IRG lutte pour "le refus de la guerre et la suppression des causes de la guerre". Fondée en 1921, c'est maintenant un réseau de militants paci. stes, antimilitaristes et nonviolents de tous les continents. Au cours de son histoire, des membres de l'IRG se sont illustrés tant dans les mouvements anti-guerre qu'en appliquant la nonviolence à un spectre étendu d'autres problématiques sociales, tant dans leur pays qu'internationalement.

Les hôtes allemands de la conférence

La conférence sera accueillie et organisée en coopération par tous les sections allemandes de l'IRG ayant la WRI-Förderverein pour cadre légal:

Le Fusil Brisé

Le Fusil Brisé est le bulletin d'information de l'Internationale des Résistant-e-s à la Guerre. Il est publié en anglais, espagnol, français et allemand. Ceci est le numéro 69 de mars 2006.

Ce numéro est le fruit du travail de Andreas Speck. Tous nos remerciements à Majken Sorensen, Howard Clark, Stellan Vinthagen, Jochen Stay et à tous les autres qui ont fourni des info pour ce numéro. Merci aussi à Peace News et Graswurzelrevolution d'avoir inclus ce Fusil Brisé dans leur mensuel. Pour vous procurer d'autres copies de ce Fusil Brisé, merci de contacter le bureau de l'IRG ou téléchargez le de notre site internet.

Internationale des Résistante-s a la Guerre 5 Caledonian Rd, Londres
N1 9DX, Grande Bretagne
Tél:+ 44 20 7278 4040
Fax:+ 44 20 7278 0444
info@wri-irg.org
http://wri-irg.org/pubs/br69-fr.htm